Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /2009 10:05

mercredi 13 mai 2009

 

Leçon 25

 

Les auxiliaires : être et avoir, servent à conjuguer les temps composés du verbe ; ils sont suivis de son participe passé.

 

Les semi-auxiliaires, comme les auxiliaires, aident à la conjugaison, mais ils ajoutent une signification particulière.

 

Les aspects

 

a) Le temps

 

Passé proche : il vient de le faire.

 

« Chimène

Sire, Sire, justice !

 

Don Diègue

Ah ! Sire, écoutez-nous...

...Ce que n'a pu jamais combat, siège, embuscade,

Ce que n'a pu jamais Aragon ni Grenade,

Ni tous vos ennemis, ni tous mes envieux,

Le Comte en votre cour l'a fait presque à vos yeux... »

 

Inchoatif (qui commence) : elle commence à le faire.

 

« Chimène

Enfin je me vois libre, et je puis sans contrainte

De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte ;...

Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau !

La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau... »

 

« Le Cid », Acte III, scène 3, de Pierre Corneille (1606 - 1684)

 

Progressif (qui se déroule) : Elle est en train de venir.

 

« Le Page

Par vos commandements Chimène vous vient voir... »

 

« Le Cid », Acte I, scène 1, de Pierre Corneille

 

Prospectif (projet) : Elle projette d'accomplir son devoir.

 

« Elvire

              Après tout, que pensez-vous donc faire ?

Chimène

Pour conserver ma gloire et finir mon ennui,

Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui. »

 

« Le Cid », Acte III, scène 3, de Pierre Corneille

 

Futur d'intention :

 

Auguste

« Tu trahis mes bienfaits ; je les veux redoubler ;

Je t'en avais comblé, je t'en veux accabler... 

Cinna

...Souffrez que ma vertu dans mon cœur rappelée

Vous consacre une foi lâchement violée,

Mais si ferme à présent, si loin de chanceler,

Que la chute du ciel ne pourrait l'ébranler»

 

« Cinna ou La Clémence d'Auguste », Acte V, scène 3, de Pierre Corneille

 

Futur imminent dans le présent  : Il va le faire.

 

« Don Diègue
Entendez ma défense... »

 

« Le Cid », Acte II, scène 8, de Pierre Corneille

 

Futur imminent dans le passé :

 

« Dès que j'ai su l'affront, j'ai prévu la vengeance... »

 

« Le Cid », Acte II, scène 7, de Pierre Corneille

 

b) Le sens

 

Itératif : qui se répète. Il fait son travail le matin.

 


« A quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du  dernier fantôme de la nuit... »

 

« Mémoires d'Outre-Tombe », de François-René de Chateaubriand (1768 - 1848)

(« Anthologie de la prose française - 1100 - 1900 » p. 297)

 

Duratif : temps non limité. Il façonne sa potiche avec amour.

 


 

« Chrétiens, méditez ces choses ; Chrétiens, qui que vous soyez, qui croyez  vous affermir sur la terre, servez-vous de cette pensée pour chercher le solide et la consistance. Oui l'homme doit s'affermir : il ne doit pas borner ses desseins dans des limites si resserrées que celles de cette vie ; qu'il pense hardiment à l'éternité... »

 

« Sermon sur la mort », de Jacques Benigne Bossuet (1627 - 1704)

(« Anthologie de la prose française - 1100 - 1900 » p.140)

 

Factitif : action provoquée ou permise. Ils me font mettre en colère.

Mais laisse-moi donc passer.

 

« Le Comte

Enfin vous l'emportez, et la faveur du  Roi

Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi :

Il vous fait gouverneur du prince de Castille... »

 

« Le Cid », Acte I, scène 4, de Pierre Corneille

 

 

 

 

 

 

 

Par Marinette - Publié dans : Cours de Grammaire - Communauté : langue française
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /2009 10:37

11 05 09

 

XXII - Le sens des modes et des temps (suite 2) (modes non conjugués. Concordance des temps)

 

Leçon 23

 

Les modes non conjugués

 

Le mode infinitif a le rôle d'un verbe ou le rôle d'un nom :

J'entends les oiseaux chanter.

J'aime lire (la lecture).

 

Le mode participe a le rôle d'un verbe ou le rôle d'un adjectif :

 

« Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,

Entrant à la lueur de nos palais brûlants,

Sur tous mes frères morts se faisant un passage,

Et de sang tout couvert échauffant le carnage... »

 

« Andromaque » Acte III, scène 8, de Jean Racine (1609 - 1699)

 

Remarque :  Le participe adjectif : on pourrait dire : l'épée étincelante , nos maisons brûlantes, de cendre toute couverte : si l'on change le genre, on remarque alors l'accord avec le nom auquel le participe se rapporte. Le participe verbe exprime ici une action : il est invariable.

 

Leçon 24

 

La concordance des temps

 

C'est la relation temporelle existant entre le temps de la principale et celui de la subordonnée ; cette relation est logique, chronologique :

Elle exprime la simultanéité, l'antériorité ou la postériorité :

 

« Si pourtant ce respect, si cette obéissance,

Paraît digne à vos yeux d'une autre récompense,

Si d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis,

J'ose vous dire ici qu'en l'état où je suis

Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie

Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie... »

 

« Iphigénie », Acte IV, scène 4


Remarque : D'abord le présent des deux subordonnées conditionnelles marque une simultanéité  avec celui de la principale, puis la même principale marque la postériorité face à l'antériorité de la subordonnée conjonctive introduite par le premier « que ». De plus, il y a concordance des temps -simultanéité dans le passé- des deux derniers imparfaits (indicatif et subjonctif), le dernier au passif.

 

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 13:13

Leçon 22


Le mode subjonctif  interprète l’action par la volonté ou le sentiment (ex. de verbes principaux : vouloir, souhaiter, craindre, douter, falloir…).

 


« Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,

Je ne consulte point pour suivre mon devoir… »

 

« Le Cid », acte III, scène 3, Pierre Corneille (1606 – 1684)

 

« Et que veux-tu que je lui dise encore ?

Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignore ?…

Mais que ne peut un fils ? Je respire, je sers.
J’ai fait plus : je me suis quelquefois consolée

Qu’ici plutôt qu’ailleurs, le sort m’eût exilée… »

 

« Andromaque », acte III, scène 6, Jean Racine (1639 – 1699)

 

- Il exprime une vérité incertaine, qui peut avoir des exceptions :

 

Il était rare qu’une question fût posée.

 

- « ne », s'il n'est pas explétif, accompagne les verbes de crainte ou d’empêchement :

 

« Mais crains que l’avenir détruisant le passé,

Il ne finisse ainsi qu’Auguste a commencé… »

« Britannicus », acte I, scène 1, Jean Racine

- Certains mots ou expressions régissent le subjonctif :

Il est le premier, le seul qui puisse l’atteindre.

 

Le mode conditionnel exprime l’éventualité de l’action, l’hypothèse, la condition.

« Julie

Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?


Le vieil Horace

                                                 Qu’il mourût,

Ou qu’un beau désespoir alors le secourût.

N’eût-il que d’un moment reculé sa défaite,

Rome eût été du moins un peu plus tard sujette ;

Il eût avec honneur laissé mes cheveux gris… »

« Horace » Acte III, scène 6, Pierre Corneille


Commentaire et Rappel : « eût reculé »,  « eût été » et « eût laissé » sont trois plus que parfaits du subjonctif, ou passés deuxième forme du conditionnel, régis par une hypothèse/souhait ; c’est le même temps. Ils succèdent à 3 imparfaits du subjonctif, régis par la volonté, le souhait.


Le futur dans le passé et le futur antérieur dans le passé : un cas particulier de la forme du conditionnel


Il affirme qu’il viendra dès qu’il aura terminé.  (un futur et un futur antérieur de l’indicatif)


Cette phrase devient, après un verbe principal au passé, ici l’imparfait de l’indicatif :


Il affirmait qu’il viendrait dès qu’il aurait terminé.

« viendrait » est un futur dans le passé.

« aurait terminé » est un futur antérieur dans le passé.


Le mode impératif  exprime l’ordre ou la défense


« Accablé des malheurs où le destin me range,

Je vais les déplorer : va, cours, vole et nous venge ! »


« Le Cid », Acte I, scène 6, Pierre Corneille


« Dans l’ombre de la nuit cache bien ton départ :

Si l’on te voit sortir mon honneur court hasard

La seule occasion qu’aura la médisance,

C’est de savoir qu’ici j’ai souffert ta présence :

Ne lui donne point lieu d’attaquer ma vertu. »


« Le Cid », Acte III, scène 4, Pierre Corneille

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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /2009 02:43


Leçon 21

Le mode indicatif indique une réalité


Le présent indique une action qui se produit au moment où l'on parle :


« Mais tout dort, et l'armée, et les vents, et Neptune... »

 

« Iphigénie », de Jean Racine, Acte I, scène 1.

 







Le présent de narration s'emploie dans un récit au passé pour rendre l'action plus présente, plus vivante au lecteur :


« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles... »

 

« Le Cid », de Pierre Corneille, Acte IV, scène 3.


Le présent des vérités éternelles : Deux et deux font quatre.


L'imparfait  indique une action passée, qui dure. C'est le temps de la description, de la répétition, de l'habitude


« Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth... »

 

« La légende des siècles ». « Booz endormi », de Victor Hugo


« ...Elle entrait et disait : Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe... »

 

« Les Contemplations, IV, 5, Elle avait pris de pli... », de Victor Hugo


le passé simple indique une action qui s'est passée à  un moment précis du passé :


« A la septième fois les murailles tombèrent »

 

« Les Châtiments, VII, 1 : « Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée », de Victor Hugo

 

La période de temps est complètement écoulée :Henri IV mourut en 1610


Le futur  indique  une action qui se passe après le présent, dans l'avenir.


"Oenone
Ils ne se verront plus.
Phèdre
                                   « Ils s'aimeront toujours.
Au moment que je parle, ah, mortelle pensée ! »

 

« Phèdre », Acte IV, scène 6


Les temps composés  se « composent » d'un ou de plusieurs auxiliaires et du participe passé. Ils ont les mêmes valeurs que les temps simples correspondants, mais ils expriment une action antérieure à eux :


« Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas... »

 

« Mémoires d'Outre-tombe », de François-René de Chateaubriand.

 

(Le marteau de l'horloge qui se soulève précède de peu l'arrêt du père)


Le passé composé : sa valeur est différente du passé simple en ceci : l'action décrite a encore un rapport avec le présent ; la période de temps n'est pas complètement écoulée, le moment est indéterminé.


« ...Moi, dont les longs travaux ont acquis tant de gloire,
Moi, que jadis partout a suivi la victoire,
Je me vois aujourd'hui, pour avoir trop vécu,
recevoir un affront et demeurer vaincu... »

 

« Le Cid », Acte II, scène 8, de Pierre Corneille.

 

 


 


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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 19:39
Leçon 20 :

Règles d'accord essentielles du participe passé




- Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire être s'accorde en genre et en nombre avec le sujet



"Nous sommes partis bien des fois déjà, mais cette fois-ci est la bonne"...

Ballade, de Paul Claudel
(1868 - 1955)

- Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir  s'accorde avec le complément d'objet direct  si celui-ci est placé avant le participe.

ex : "O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

"A une passante", de  Charles Baudelaire (1821 - 1867)


analyse
"aimée", mode participe, temps passé,  du verbe aimer, s'accorde avec le c.o. d. d'aimer :  "QUE", pronom relatif  mis pour le premier  "toi" (mis pour une femme inconnue mais particulière) dans sa proposition subordonnée relative, donc féminin singulier.


- Sans auxiliaire, le participe passé employé comme adjectif qualificatif  s'accorde, comme lui, avec le nom auquel il se rapporte.

"Votre âme est un paysage choisi..."

"Clair de lune", de Paul Verlaine ( 1844 - 1896)
.....................................................................................................................................................................................................

Règles d'accord particulières
: (voir le détail dans la grammaire)

I - Le participe passé conjugué avec avoir :

- Le participe passé conjugué avec avoir, suivi d'un infinitif complément d'objet direct, reste invariable.

Les cerises que vous auriez voulu prendre...


Remarque : Toujours dans le cas du nom ou du pronom  placé avant le participe et l'infinitif, bien distinguer le c. o. d. du participe (variable) de celui de l'infinitif (invariable).

La chatte que j'ai vue  traverser la route. (prop. sub. infinitive) (J'ai vu que la chatte traversait la route) ("que", mis pour chatte, c.o.d. de voir)


mais Les cadeaux que j'ai laissé ouvrir. ( "que", mis pour "les cadeaux" est c. o. d. de ouvrir)


- Quand le c.o.d. est le pronom "en" le participe passé qui suit,  conjugué avec l'auxiliaire avoir, reste invariable.

I
l a vu des pommes ; il en a ramassé
.

- quand le c. o. d. est le pronom neutre l', le participe passé qui suit, conjugué avec l'auxiliaire avoir, reste invariable
 

Les orages seraient nombreux : la météo l'avait prédit ; la météo le confirma.

- Ne pas confondre pour les accords le sujet réel et le complément d'objet direct

Les avalanches qu'il y a eu en montagne ...

- Dans le cas de certains verbes, comme couru, coûté, pesé, valu, vécu, ne pas confondre, pour l'accord, les verbes -intransitifs - qui n'admettent pas de c. o. - ,  qui répondent à la question  "combien", avec les verbes transitifs, en général de sens figuré, qui répondent à la question "quoi".

Les kilomètres que ce champion a couru
(combien ?) et : les dangers que ce champion a courus (quoi ?)

(Voir l'article X : les compléments circonstanciels (suite et fin). Le c. c. de prix et de mesure.)


II - Le participe passé conjugué avec être



- Les Verbes pronominaux réfléchis et réciproques : Il y a accord du participe passé avec le pronom si celui-ci est complément d'objet direct.

Elle s'est coiffée
(elle a coiffé elle-même) ; elles se sont aidées. (elles ont aidé elles-mêmes)
La cheville qu'il s'est tordue (il a tordu la cheville à lui) (s' devient c. o. second ou d'attribution)

10° - Les verbes pronominaux sans fonction logique ou à sens passif : Le participe passé s'accorde avec le sujet du verbe

Je me suis évanouie. Ces fruits se sont bien vendus
(ces fruits ont été bien vendus).
 

 

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