Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 11:13
XIII - L'ARTICLE

Leçon 12
L'article

Il accompagne le nom, indique son genre et son nombre et le détermine.

L'article défini, comme son nom l'indique, définit le nom.

défini : LE, LA, LES

 J'ai vu le lycée, la cour, les élèves à l'ombre du préau au bout des bâtiments.


défini élidé : L'
défini contracte (préposition + article défini) : DU  (de + le) ; AU (à + le) ; DES (de + les) ; AUX (à + les)
(ne se contracte pas au féminin singulier)


L'article indéfini, comme son nom l'indique, ne définit pas le nom.

indéfini : UN, UNE,  DES

 J'ai pris un sac, une orange, des bananes.



L'article partitif indique une quantité qu'on ne peut chiffrer.

partitif : DU, DE LA,  DES



 Je veux du pain, de la confiture, des épinards.

Remarques

1)  "DU partitif, se change en DE avec négation
Il y a DU vent. ==> Il n'y a pas DE vent.

2) Quand l'adjectif (court) est placé avant le nom, DES se change en DE.

J'ai vu DES sandales magnifiques ==> J'ai vu DE belles sandales.

3) Comment distinguer la nature de formes semblables, savoir si DU est partitif ou défini contracté, si DES est défini contracté, indéfini ou partitif  ?

A) on voit  par la question posée si la construction est directe (construite sans préposition) ou indirecte.
exemple ci-dessous : je veux QUOI ? de la poudre...= construction directe, donc partitif . L'ENFANT à quoi ? aux yeux bleus : construction indirecte du complément de nom..

B) Dans le cas de DES, on met au singulier : une balle, donc indéfini.

Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

"L'Enfant", de Victor Hugo, "Les Orientales", 1829

l' : article défini élidé ; "aux" défini contracté ; "de la " : partitif ; DES : indéfni.
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 15:42
XII -LES FONCTIONS DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF

Leçon n° 11
Les fonctions de l'adjectif qualificatif

Epithète
, l'adjectif qualificatif fait corps avec le nom auquel il se rapporte.

"Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez.

"La jeune Tarentine", d'André Chénier (1762-1794)

"doux", épithète de "alcyons"

Attribut
: voir leçon 7



"Tous les jours se levaient, clairs et sereins pour eux."

"Phèdre", de Jean Racine (1639 - 1699)

L'attribut, du sujet ou du c.o., passe, pour le sens, par le verbe pour revenir au nom qu'il qualifie


Apposé ou détaché, l'adjectif qualificatif épithète est
séparé par une virgule, par une pause, du nom qu'il qualifie, et il peut se placer n'importe où dans la phrase. Pour le sens, il ne passe pas par le verbe pour revenir au nom qu'il qualifie.

Elle voit le chat, souple et léger, de la voisine.

souple, léger : épithètes détachés du nom chat.

Remarques :

1)
Il est parfois difficile de distinguer entre les deux  : attribut et épithète détaché

"Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
j'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle."

"Veni, Vidi, Vixi", "Les Contemplations", de Victor Hugo (1802 - 1885)

"saignant", "tombant", "Morne", "épuisé", "raillé"
, attributs de " j' ".

("Sans me plaindre" est c. c. de manière du verbe porter).

2) Voir le nom apposé à l'article VIII, à la leçon 6

 


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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /2009 21:00
XI -LES DEGRES DE SIGNIFICATION DE L'ADJECTIF

Leçon n° 10


Les degrés de signification de l'adjectif


Définition de l'adjectif qualificatif : il accompagne le nom et il indique la qualité d'un être ou d'une chose.

ex : un grand garçon

"grand", adjectif qualificatif, est ici au positif.

Le comparatif de supériorité :  Pierre est PLUS grand QUE Paul.
        "         "                 d'égalité : 
Pierre est
AUSSI grand QUE Paul.
        "         "           d'infériorité :  Pierre est MOINS grand QUE Paul.

Le superlatif relatif
(on compare encore) de supériorité : 

ex :
  Pierre est LE PLUS grand des étudiants.

Le superlatif relatif
(on compare encore) d'infériorité :

ex :  Pierre est LE MOINS grand des étudiants.

Le superlatif absolu
(on ne compare plus) : Pierre est TRES, [FORT, ARCHI, etc...] grand

Comparatifs et superlatifs irréguliers :
Positif       Comparatif de supériorité     Superlatif relatif de supériorité

BON             meilleur                                     
le meilleur                                                          
PETIT           moindre, ou : plus petit          le moindre, ou : le plus petit
MAUVAIS    pire, ou : plus mauvais           le pire, ou : le plus mauvais


"L'absence est le plus grand des maux"

"Les deux pigeons", de Jean de La Fontaine (1621 - 1695)

Ici, "grand" est au superlatif relatif de supériorité. 



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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 10:09

X - LES COMPLEMENTS CIRCONSTANCIELS (suite et fin)


Leçon  IX


Les c. c. de moyen, de cause, de conséquence, de comparaison, de condition, d'accompagnement, de prix et de mesure.


Au moyen de quoi ?


« C'est la chaude loi des hommes
Du raisin ils font du vin
Du charbon ils font du feu
des baisers ils font des hommes »

 

« Bonne justice », Paul Eluard (1895-1952)

 

« Du raisin » :  le nom commun « raisin » est introduit pas l'article défini contracté : du (= de le) ; au moyen de quoi ? de...le raisin, c. c. de moyen du verbe principal : font


A cause de quoi ?



« J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs »

 

"A Villequier", Victor Hugo ( 1802 - 1885)

 

Les 3 propositions subordonnées conjonctives introduites par "Puisque" sont c.c. de cause du verbe principal : « vivre » :

 

- puisque...de bras
- puisque...enfants
- puisque...fleurs


Quelle consequence cela a-t-il ?


« Le vent redouble ses efforts
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts. »

 

« Le Chêne et le roseau », Jean de La Fontaine (1621 - 1695)

 

La proposition subordonnée conjonctive introduite par « si...que » est c. c. de conséquence du verbe principal : faire


En comparaison de quoi ?


« Tous sortent de la mort comme l'on sort d'un songe. »

 

« Les Tragiques » : « Le Jugement », d'Agrippa d'Aubigné (1551 - 1630)

 

« comme l'on sort d'un songe » : Proposition subordonnée conjonctive, introduite par la conjonction de subordination « comme », c. c. de comparaison du verbe principal : « sortent ».


A quelle condition ?


« Je le ferais encore si j'avais à le faire. »


« Le Cid », acte III, scène 4, de Pierre Corneille (1606 - 1684)


« si j'avais à le faire » : proposition subordonnée conjonctive, introduite par la conjonction de subordination « si », c. c. de condition du verbe principal : « ferais ».


En compagnie de qui ?


« Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne. »

 

« Prière pour aller au Paradis avec les ânes », de Francis Jammes (1868 - 1938)

 

« avec ces ânes », nom commun introduit par la préposition « avec », c. c. d'accompagnement du verbe venir.


Un cas particulier, mon optique (merci de me donner votre avis en commentaire) :

 

(Cette question, sans doute, n'est pas sans rapport avec les grandes lignes de la grammaire de Chomsky -selon la forme- et de celle de Port Royal -selon le sens- : au milieu est la vérité, dit-on !)


Combien ? Quel prix ? quelle mesure ?

Dans bien des cas, comme on le voit dans les exemples ci-dessous, ce complément de mesure, de prix, n'est qu'une fonction secondaire à une autre (c. de verbe, c. de nom ; c. d'adjectif)


« Le porc à s'engraisser coûtera peu de son  »

« La Laitière et le pot au lait », de Jean de La Fontaine ( 1621 - 1695)

 

"peu" : adverbe de quantité, c. c. de mesure de coûter. Il répond à la question "combien ?

 

 

« Un carré de cinq cents coudées de côté...Un espace long de vingt cinq mille coudées...Il mesura mille coudées ...il aura vingt cinq mille coudées vers le nord...

 

La Bible : Ezéchiel chapitre 45 versets 2 et 3 ; ch. 47, v. 3 ; ch. 48, v. 10.

 

« Il mesure mille coudées » : "mille coudées" répond à la question "combien ?" ; ce groupe nominal -c'est tout le groupe qui porte la fonction- est donc c. c. de mesure de "mesurer", mais "mesurer" est un verbe transitif dans le sens de : Paul mesure la table. Le nom table devient alors c. o. d.  du verbe mesurer. La fonction, et la question, dépendent ici  du sens des mots.

 

 

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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 14:01
IX - LES COMPLEMENTS CIRCONSTANCIELS

Leçon 8 - Les compléments circonstanciels


Un verbe ne peut avoir que deux sortes de compléments, les compléments d'objet et les compléments circonstanciels,
  • soit sous forme de noms, introduits par des prépositions,
  • soit sous forme de propositions subordonnées conjonctives, introduites par des conjonctions de subordination. 
  • Exception des complétives telles que les prop. sub. interrogatives, infinitives et participes c. o.

Le complément circonstanciel indique une circonstance de l'action ou de l'état indiqué par le verbe.

Pour trouver le complément circonstanciel on pose diverses questions APRES le verbe.

Je prends les exemples suivants dans "Bérénice", Acte IV, scène 5, puis, pour le troisième, dans "Britannicus", de Jean Racine (1639 - 1699), Acte II, scène 2.

QUAND ? "Dans un mois, dans un an"



"Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?"

Le complément circonstanciel (c. c. ) de TEMPS du verbe souffrir : "Dans un mois, dans un an"

Quelques conjonctions ou locutions conjonctives en exemple (voir les autres listes dans les grammaires)  :
Autres conjonctions de subordination de temps : lorsque, comme
et locutions conjonctives de subordination de temps (une locution exprime un seul sens en plusieurs mots) :
-Régissant (commandant) le subjonctif : Avant que, jusqu'à ce que, en attendant que.
-Régissant l'indicatif : après que, sitôt que, tandis que, tant que, pendant que, alors que, dès que, depuis que, aussitôt que.

COMMENT ?

A partir de l'exemple précédent :

"Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?

Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus..."

Les deux compléments circonstanciels de MANIERE, introduits par "Sans que",  des trois  verbes  : "séparent",  "recommence" et "finisse"  ( les deux complétives c.o.d. : "que tant de mers", "que le jour recommence" et "que le jour finisse" jouent le rôle de principales pour ces deux propositions subordonnées conjonctives, C. C. de manière. ( "Sans que", privatif, peut avoir d'autres sens selon le contexte, comme dans : il a guéri sans que le médecin l'ait vu, sans médicaments, où l'on peut voir une concession) 

Où ?
"Immobile, saisi d'un long étonnement,
Je l'ai laissé passer dans son appartement."

le c.c. de LIEU de passer : "dans son appartement"

Dans l'exemple suivant :

"Je te le dis encore ; et, quoique j'en soupire,
Jusqu'au dernier soupir je veux bien le redire :
je t'ai fait une offense , et j'ai dû m'y porter
Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;"

"Le Cid", acte III, scène 4, de Pierre Corneille ( 1606 - 1684)



1° QUOIQUE, BIEN QUE : Raisonnement : normalement c'est ceci, mais ici c'est l'inverse ==> c. c. de concession ou d'opposition.

Ici : en simplifiant :
Il  y a une inversion de la principale et de la subordonnée de concession : J'ai dû t'offenser, quoique j'en soupire. [ ordre logique : je te le dis encore, et jusqu'au dernier soupir je veux bien le redire, / je t'ai fait une offense...==>mériter / quoique j'en soupire.]

"Quoique j'en soupire" : c. c. de concession de  "ai fait" et de "ai dû"
"Pour effacer ma honte et pour te mériter" : 2 c. c. de but de "porter".

Commentaire :

Les conjonctions de subordination de but
régissent toutes le subjonctif : que,
Afin que, pour que, de crainte que, de peur que.

Autres conjonctions de subordination de concession :
Avec le subjonctif : Bien que, encore que, malgré que, loin que, quelque ...que, si...que, (+ adjectif ou adverbe)
quelque...que (+ nom)

"Et [de quelque façon qu'éclatent mes douleurs],
Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs."

"Le Cid" III, 4 (Corneille)



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