Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 11:01

VIII - COMPLEMENTS (suite). APPOSITION. APOSTROPHE. ATTRIBUTS DU SUJET ET DU C. O.


Leçon VI


Le complément d'un mot complète le mot. On le trouve en posant une question après ce mot.


Le nom et son complément. Le pronom et son complément

 

Ex : La maison de Claudine n'est pas celle de Martine.


Le nom nomme un être ou une chose : Martine, Paris ( noms propres, avec la majuscule au début du mot) : qui précisent, signalent l'identité propre d'un être ou d'une chose parmi d'autres), fille, ville, table ciel (noms communs qui désignent tous les êtres, toutes les choses d'une même espèce)...Comparer Martine et fille, Paris et ville...


Le pronom remplace un nom (du latin : pro = pour ; pour, à la place du nom).


1) Le complément du nom










"La reine Blanche comme lis                                                                                    
  Qui chantait à voix de sirène...                                                                       
...Mais où sont les neiges d'antan ?"

 « 
Ballade des Dames du temps jadis », de François Villon  (1431 - 1463 ?)


Commentaire : compléments du nom « Blanche » : « comme lis », du nom « voix : « sirène », du nom « neiges » : « d'antan ».

 

2) Le complément du pronom

 

 

Ex : La maison de Claudine n'est pas celle de Martine.

Martine, complément du pronom démonstratif : celle.


Ne pas confondre avec l'attribut du pronom :


"Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela Le pot au lait."

 

« La Laitière et le pot au lait », de Jean de La Fontaine (1621 - 1695)


Commentaire : Traduisons littéralement : le récit [de cette histoire] fut fait en farce. Le second « En », pronom personnel neutre, remplace, par exemple, « de cette histoire » (de + l'antécédent).

 

« Le pot au lait », groupe nominal attribut de l', a pour antécédent ou mis pour : « récit ». (Le second vers, peut se traduire ainsi, selon le sens : ce récit fut, devint : « le pot au lait ».la qualité passe parle verbe pour arriver au nom ou au pronom.)


3) L'adjectif et le complément de l'adjectif

 

Ex : « Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs... »

 

« Sur la mort de Marie », de Pierre de Ronsard (1524 - 1585)

 

L'adjectif qualificatif indique la qualité d'un être ou d'une chose.

Lait et fleurs, compléments des adjectifs qualificatifs : « plein »

 

Ne pas confondre dans le langage : plein adjectif qui peut se metttre au féminin, et plein utilisé incorrectement au lieu de "beaucoup", adverbe, invariable. Ex : Cette coupe pleine de fleurs, mais j'ai plein beaucoup de bonbons.


4) Le complément de l'adverbe

 

ex : Conformément aux ordres, il se retira.

 

L'adverbe est un mot invariable qui modifie le sens d'un verbe, d'un autre adverbe, ou d'un adjectif.

 

Ici, « conformément » est un adverbe de manière qui modifie le sens de « se retira »

 

Ordres, complément de l'adverbe « conformément ».


5) L'apostrophe interpelle un être ou une chose : c'est le vocatif latin.


« Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines."

 

« Les deux Pigeons » (La Fontaine)

 

« Amants », nom, et « heureux amants », groupe nominal, sont mis en apostrophe, comme « objets inanimés », dans l'exemple ci-dessous.

 

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme
qui s'attache à notre âme et nous force d'aimer ? »

 

« Milly ou la terre natale », d'Alphonse de Lamartine (1790 - 1869)


6) L'Apposition

 

c'est un nom :

  • Posé à côté du nom qu'il complète
  • Désignant la même chose que ce nom complété
  • Séparé de ce nom par une pause ou par une virgule

« France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle... »

 

Sonnet de Joachim du Bellay (1522 - 1560)


Commentaire :

Le premier vers est apposé à « Tu » : il contient deux noms « noyaux » : (France et mère),  un groupe nominal (G. N.) : (« mère des arts, des armes, et des lois ») ; « France » est apposé à « Tu », le G. N. est apposé à France.


Remarques : Dans : "la ville de Paris", "le mois de Juin", Paris et Juin sont considérés comme des appositions, non comme des compléments de nom. On voit ici une des limites de l'attribution de fonctions "officielles", de la forme et du sens (le fond) pour attribuer une fonction. Ici nous nous attachons à l'esprit de la grammaire latine et à celle de Port Royal pour les attribuer. S'attacher seulement à la forme ne priverait-il pas le langage de son sens, de ce pour quoi il est fait ? Mais inversement...Je dirais plutôt ici : Paris et Juin, compléments de nom à nuance d'apposition.


Leçon VII : L'attribut du sujet et du complément d'objet

L'attribut est un NOM ou un ADJECTIF qui indique la qualité attribuée à un sujet ou à un complément d'objet par l'intermédiaire d'un verbe.


1) L'attribut du sujet


« Corps féminin, qui tant es tendre,
Poli, souef, si précieux,

Te faudra-t-il ces maux attendre ?
Oui, ou tout vif aller ès cieux.
(dans les cieux)

 

Le Testament, de François Villon (1431 - 1463 ?)

 

L'attribut du sujet se rencontre avec des verbes d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester...), des verbes passifs ou certains verbes intransitifs.


Commentaire : « tendre, poli, souef (doux,suave, -angl. soft ), si précieux » : attributs de « qui », mis pour « corps féminin ».


2) L'attribut du complément d'objet

Il se rencontre après certains verbes comme : croire, estimer, faire ...


« Jean Lapin pour juge l'agrée. »

 

« Le chat, la belette et le petit lapin », de Jean de La Fontaine (1621 - 1695)


Commentaire : l', complément d'objet direct du verbe agréer, pronom personnel mis pour « Grippeminaud » ; « pour juge » est l'attribut du complément d'objet : l'.


Remarque : l'attribut peut être introduit par une préposition (ici : pour).


 

 



 

 






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 08:55


VII - COMPLEMENTS DU VERBE NON CIRCONSTANCIELS : OBJET ET ATTRIBUTION


Leçon V : Le complément d'objet

 

Le complément d'objet indique la personne ou la chose sur qui se fait l'action exprimée par le verbe (rappelons que les verbes d'état n'induisent pas de compléments d'objets, mais des attributs).


1) Le complément d'objet direct se construit directement, sans préposition ; pour le trouver on pose la question : qui ? quoi ? APRES le verbe.

                                                                     

« Le temps a laissé [son manteau.] »                                                      

 

« Le Printemps », de Charles d'Orléans (1394 - 1465)


Commentaire : Le printemps a laissé [quoi ?] [son manteau] ; ce groupe nominal est complément d'objet direct (c.o.d.) de laisser ; c'est le nom, "manteau",  noyau du groupe nominal, qui porte la fonction.


2) Le complément d'objet indirect se construit indirectement, avec préposition, « de », ou « à ». Pour le trouver on pose les questions : de qui ?, de quoi ?, à qui ?, ou :  à quoi ? APRES le verbe.


« Songe, songe, Céphise, [à cette nuit cruelle]
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle. »

 

"Andromaque", Acte III, scène 8, de Jean Racine (1639 - 1699)


Commentaire : Songe [à quoi ?] [à cette nuit cruelle] : le groupe nominal est complément d'objet indirect de songe, verbe redoublé. C'est le noyau (un nom) : nuit, qui porte la fonction du groupe.("nuit  éternelle", groupe nominal attribut du sujet "qui".)


3) Le complément d'objet second est un complément d'objet indirect qui accompagne un complément d'objet direct ; cette construction n'est admise que par certains verbes : faire, donner, pardonner, mettre, remettre.. .


« Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d'honneur ; »


« Les Animaux malades de la peste », de Jean de La Fontaine (1621-1695)

 

Commentaire : Vous fîtes [Quoi ?] beaucoup d'honneur, [A qui ? ] à eux : « leur », a pour antécédent, ou mis pour : « moutons, canaille, sotte espèce » : leur : complément d'objet second du verbe faire.


4) Remarque : Le complément d'objet second peut avoir une idée d'attribution :
ex : il donne un jouet à sa sœur.

Mais on peut appeler complément d'attribution un complément de verbe d'état qui contient l'idée d'attribution :


Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire :  Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.

 

Discours sur l'origine de l'inégalité (1755), de Jean- Jacques Rousseau (1712 - 1778)

 

"à moi" : complément d'attribution de "est".

 


 

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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 18:07

VI -  LE VERBE A LA VOIE ACTIVE ET A LA VOIE PASSIVE.  LE SUJET

Leçon IV
Le verbe à la voie passive et à la voie active. Le sujet.

Ex : Le ciel paraît gris.
Le verbe 
indique une action ou un état. Les verbes d’état sont : être, paraître, sembler, devenir, rester…Pour le verbe d’état il n’y a ni voie passive ni complément d’objet, mais un attribut. Dans l’exemple ci-dessus, « gris » est l’attribut du sujet « ciel ».

Ex : Le chat mange la souris.
Le sujet à la voie active fait l’action ou est dans l’état indiqué par le verbe.

Ex : La souris est mangée par le chat.
Le sujet
à la voie passive subit l’action indiquée par le verbe.

Remarques :

Les deux verbes sont au même mode et au même temps, mais à la voie passive on ajoute l’auxiliaire être

Le sujet à la voie active devient complément d’agent à la voie passive (il agit)

Le complément d’objet direct à la voie active devient sujet du verbe passif

Pour trouver le sujet, on pose, AVANT le verbe, les questions : Qu’est-ce qui (que)? ou qui est-ce qui (que) ?
Le premier « qu’, ou qui » indique la nature (objet ou personne), le second « qui, ou que » indique la fonction-.

Les différentes sortes de sujet

Sujet d’infinitif : J’entends l’oiseau chanter.

Sujet de participe : L’oiseau chantant, je l’écoutai.

Sujet réel ou  logique et sujet apparent ou grammatical :


"Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner."

Bérénice, Acte IV, scène 5, de Jean Racine (1639 - 1699)


« même il m’est arrivé quelquefois de [manger le berger]. »

« Les Animaux malades de la peste », de Jean de La Fontaine (1621-1695)

Analyse de l’exemple ci-dessus : on pose la question : qu’est-ce qui m’est arrivé ? On répond : manger le berger (sujet réel). « Il » n’est qu’un sujet apparent, pronom personnel neutre, qui donne le singulier au verbe.

« Il » est masculin quand on peut le remplacer par un nom masculin.
ex : Il est parti : Jacques est parti.

Sujet inversé

« le long d’un clair ruisseau buvait [une Colombe]. »    « La Colombe et la Fourmi » (La Fontaine)




 

 

 


 

 

 

 

 

 

 




 






 









 

 

 

 

 

 

 

 




 






 

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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 09:45
V - DES CLES POUR LE VOCABULAIRE

Leçon III

La formation et l'évolution de la langue

La langue française est une langue romane, comme l'italien, l'espagnol... : son origine est latine, si bien que connaître le latin, c'est connaître l'origine du sens de beaucoup de  mots français.

Les étapes de la transformation de la langue française :

La langue parlée, le latin,  se déforme dans les différents pays de la conquête romaine et devient la langue, dite vulgaire, d'où sortiront les langues romanes.

ex : fragilem en latin devient frêle (formation populaire), puis les érudits calquent un mot directement sur le latin (formation savante) : fragile. Frêle et fragile sont des doublets.

La langue française a évolué différemment selon les régions de France : on distingue les dialectes provinciaux du Nord de la France (langue d'oïl ou langue du oui, oïl étant la manière de dire oui dans le Nord), et ceux du sud de la France (langue d'oc, oc étant la manière de dire oui dans le Sud).

A ces mots se sont ajoutés ceux de pays étrangers, selon l'histoire du peuple français et selon ses relations avec d'autres peuples. De plus, notre civilisation est l'héritière, non seulement de Rome mais de la Grèce, dont Rome est elle-même l'héritière, et d'Israël (civilisation judeo-chrétienne. La Bible).

ex : bourg vient du burg allemand (Strasbourg). (strasse = la rue, en allemand)
(La photo : La cathédrale de Strasbourg)

Enrichissement de la langue


1) Suffixes (dérivation) et préfixes (composition)

Ils ont chacun un sens particulier, et les listes sont longues (voir votre grammaire). Si l'on se familiarise avec toutes ces listes de préfixes et de suffixes, mots en majorité grecs et latins, accompagnés de leur sens, on a la clé de beaucoup d'autres, et de leur signification.

Le suffixe
du mot dérivé s'attache à la fin du mot pour lui donner un sens parent.

Le préfixe du mot composé, par contre, se colle au début du mot ("pré" = avant, au début)


ex : rivation et
composition

est un préfixe privatif ; on détache le mot de la "rive" pour lui donner un autre sens ;
com est un préfixe qui a le sens accompagnateur de "avec" : posé avec
Au milieu du mot, en noir, est la racine du mot.
tion est un suffixe qui indique un nom (la nature du mot) : l'action de

traduisons  : l'action de détacher de la rive, d'une attache fixe.
                        l'action de poser avec, d'assembler.

2) Mots composés
avec des mots de toute nature reliés en général par un trait d'union : chou-fleur ; avant-garde ; prêt-à-porter...

3) le sens propre et le sens figuré

 Le chemin pour aller aux champs ; le chemin de ronde...

Mais :


"Je suis le chemin, la vérité et la vie", dit Jésus. (La Bible)

4) synonyme et homonyme

synonymes :
mots qui présentent entre eux très peu de différence de sens : hautain et altier,  nuages et nuées, fat et vaniteux, trompeur et fourbe...

Homonymes : à l'oreille, sont semblables : sot, sceau, seau, saut... ; Rhin, rein...


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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /2009 18:09

IV - LA CONSTITUTION DE LA PHRASE.  LA PONCTUATION


Leçon I - la constitution de la phrase


Ex : « [L'or des genêts et la pourpre des bruyères] frappaient mes yeux d'un luxe [qui touchait
            deux groupes nominaux sujet avec 2 noyaux : or et pourpre                   Proposition  Sub. Relative

mon cœur.] »...

 

Lettre à Monsieur de Malesherbes (26 janvier 1762), de  Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

 

Commentaire de l'exemple et définitions :


Une phrase commence par une majuscule et se termine par un point.

 

Une proposition est un ensemble de mots rassemblés autour d'un verbe en général à un mode conjugué.

 

Un groupe de mots forme un ensemble plus petit que la proposition ; il est un rassemblement de mots secondaires autour d'un mot principal, ou noyau. Le syntagme est un groupe de mots organisé.Ainsi parle-t-on du syntagme ou groupe nominal, du syntagme ou groupe verbal...

 

Une phrase simple ne contient qu'une proposition, au contraire d'une phrase complexe.

 

Une phrase minimale est une phrase où l'on ne peut rien retrancher, au contraire d'une phrase étendue, avec expansions.

 

Une phrase nominale est centrée sur un nom.


"Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !"

 

"Chant d'automne", de Baudelaire ( (1821 - 1867)


La nature d'un mot est son identité ; elle ne change pas  (adjectif, nom, verbe...)


La fonction d'un mot est le rôle qu'il joue dans la phrase, la proposition ou le groupe de mots ; elle change.

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Leçon II -  La ponctuation

 

"Le comte Roland, à grant'douleur, halète, et peine :

Il sonne de son olifant.
De sa bouche jaillit le sang clair.
De son front la tempe se rompt.
Du cor qu'il tient, le son sort, assourdissant ;
[...] Le Roi dit : « J'entends le cor de Roland !
Il n'en sonnerait jamais, s'il ne se battait. »


La Chanson de Roland (12e siècle) (Anonyme)

(La photo : la chapelle de Roncevaux

au soleil couchant en hiver.)


Le point
indique la fin d'une phrase
La virgule indique une courte pause.
Le point virgule termine une phrase dont le sens se prolonge dans la phrase suivante.
Le point d'exclamation marque un sentiment vif.
Le point d'interrogation exprime une interrogation directe.
Les points de suspension indiquent une pensée inachevée, une pause, mettent en valeur ce qui suit.
Les deux points précèdent une citation ou un développement explicatif.
Les guillemets encadrent une citation, la reproduction exacte des paroles de quelqu'un, ou une expression étrangère au langage courant.
Le tiret commence un dialogue, indique un changement d'interlocuteur, ou met en valeur une expression.
Les parenthèses indiquent une réflexion secondaire.

 

_____________________


Je signale le « Carnet de poésie » qui débute le 21 mars 2009, à l'article 215, avec « Le Printemps » de Charles d'Orléans, sur le blog :

www.marike.over-blog.com

______________________

 

 

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