Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 09:08

III - ANALYSE LOGIQUE (suite et fin)

 

II - LES PROPOSITIONS SUBORDONNEES

1) La proposition subordonnée relative est introduite par un mot relatif : pronom ou adjectif. Le pronom a un antécédent, ou mot qu'il remplace, dans une proposition qui précède. La proposition subordonnée relative est toujours complément de son antécédent.

"Même elle avait encore cet éclat emprunté //
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage
Pour réparer des ans l'irréparable outrage
."

 

"Athalie" (Acte II, scène 5), de Jean Racine (1639 - 1699)

Dont : pronom relatif qui remplace "de cet éclat emprunté" (dont = de + l'antécédent), introduit la 2e proposition(qui est donc subordonnée relative).


Remarque : Les 3 infinitifs qui suivent ne sont pas des modes conjugués.

Liste des pronoms relatifs :
QUI QUE QUOI DONT ;
Lequel duquel auquel et leurs composés (variations en genre et en nombre : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles...) sont adjectifs quand ils accompagnent le nom, pronoms quand ils le remplacent.

Remarque : La proposition incise, quelle que soit sa nature, s'intercale au milieu d'une autre proposition :

La foi // qui n'agit point, // est-ce une foi sincère ?
"Athalie" (Acte I, scène 1) (Racine)

L'antécédent du pronom relatif peut n'être pas exprimé : dans ce cas le pronom relatif devient   pronom indéfini.

"Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces. "Le Cid" (Acte II, scène 1). Pierre Corneille (1606-1684)

("celui" qui, « tout homme » qui... est sous entendu).

3) la proposition subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (ne pas confondre avec la conjonction de coordination qui relie 2 mots ou 2 groupes de mots de même nature : c'est un rapport d'égalité et non de subordination.

"Quand le moment viendra d'aller trouver les morts //
J'aurai vécu sans soins et mourrai sans remords.
"

 

"Le songe d'un habitant du Mogol", de  Jean de La Fontaine (1621-1695)


Remarques : 1)supprimons l'inversion, due à la nécessité de la rime : quand le moment d'aller trouver les morts viendra //.  L'infinitif présente ici un cas spécial, vu plus loin,  dans la proposition infinitive ; "aller trouver les morts" = de ma mort.

 

2) la proposition ici est subordonnée à deux principales, avec une ellipse de "Je", dans la seconde.

 


Analyse de :  "Quand le moment viendra d'aller trouver les morts" : Proposition subordonnée conjonctive, introduite par la conjonction de subordination : "quand", complément circonstanciel de temps des verbes principaux : vivre et mourir.

Et je dirais que je vous aime,
Seigneur, [si je savais ce que c'est que d'aimer].
"Psyché",  III, 3  (Corneille)

 

Proposition subordonnée conjonctive, complément circonstanciel de condition du verbe : "dirais".

4) La proposition subordonnée complétive se définit, non plus par sa nature, mais par sa fonction. elle est triple : 
elle peut être sujet, complément d'objet ou attribut du sujet du verbe principal
- Le sujet répond aux questions : qu'est-ce qui ? qui est-ce qui ? posées avant le verbe.

- Le complément d'objet répond aux questions : qui ? quoi ? (complément d'objet direct),
de qui ? à qui ? de quoi, à quoi ? (complément d'objet indirect), posées après le verbe.

- L'attribut est "attribué" au sujet (ou à l'objet) par un verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester...)

 

- Sujet : « même il m'est arrivé quelquefois [de manger le berger]... »

« Les animaux malades de la peste » de Jean de La Fontaine (1621-1695)

 

Question : Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Réponse : "manger le berger."

 

- Objet (ici direct): « Je ne crains plus [que rien m'assaille] (question quoi ? après le verbe.)

Car à la mort tout s'assouvit (tout s'achève, s'apaise). »

 

« Le Testament » strophe 28, de  François Villon ( 1431 - 1463 ?)

 

- Attribut : 1) du sujet : la vérité est [ qu'il a fait face à toutes les situations].

2) du complément d'objet :

"Qui m'aima généreux me haïrait infâme."

"Le Cid", Acte III, scène 4, de Pierre Corneille (1606 - 1684)

 

traduisons pour analyser : (Celle)...me haïrait infâme / qui m'aima généreux.

"infâme" est attribut du second  C. O. (complément d'objet) : "me " ; "généreux est attribut du premier C. O. " m' "



5) la proposition subordonnée interrogative est toujours au style indirect (c'est à dire que les paroles de l'interrogation sont rapportées "indirectement"), puisqu'elle est subordonnée.

Liste des pronoms et des adjectifs interrogatifs
:
ils sont les mêmes que les pronoms relatifs moins DONT.


Les adverbes interrogatifs sont tous les autres mots invariables qui servent à interroger.

La proposition subordonnée interrogative est presque toujours complément d'objet du verbe principal. Revoyons l'exemple précédent :

 

Et je dirais que je vous aime,
Seigneur, [si je savais ce que c'est que d'aimer].
  "Psyché",  III, 3  (Corneille)

 

la proposition subordonnée conditionnelle joue le rôle de proposition principale pour la proposition subordonnée interrogative : "ce que c'est que d'aimer" (style indirect) = qu'est-ce qu'aimer ? (style direct de la question).

Philosophie grammaticale :
L'homme ne peut se ranger dans des "catégories" scientifiques ; il dépasse l'intelligence humaine, la grammaire déborde bien souvent aussi ses "catégories", fruit de l'intelligence limitée des hommes...

6) La proposition subordonnée infinitive est toujours complément d'objet du verbe principal et son sujet a une double fonction : complément d'objet du verbe principal et sujet de l'infinitif ; pour trouver une proposition infinitive, ou participe, on ne compte plus les verbes, mais les sujets (ici 2 sujets : « il » et « Tortue », donc 2 propositions).  ex :

 

« Il laisse [ la Tortue

Aller son train de sénateur] » « Le lièvre et la tortue » (La Fontaine)



7) La proposition subordonnée participe : remarque : le participe est un mode ; il a 2 temps : le présent et le passé. ex :

 

« Du palais d'un jeune lapin

Dame Belette, un beau matin

S'empara : c'est une rusée. 

[ Le maître étant absent ], ce lui fut chose aisée.

 

« Le chat, la belette et le petit lapin » (La Fontaine)


La proposition subordonnée participe est ici complément circonstanciel de cause du verbe principal : fut (à cause de quoi ? )

L'ellipse
est un mot ou un groupe de mots non exprimé, non répété, sous entendu, dans une proposition :

"Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ;
On a toujours raison, le destin toujours tort.
"


"L'ingratitude et l'injustice des hommes envers la Fortune", de Jean de La Fontaine ( 1621 - 1695)

(le mal, c'est la Fortune (ou le Destin) qui le fait : cette dernière proposition est sous-entendue dans le texte.

Les propositions subordonnées ont toutes une fonction.







Par Marinette - Publié dans : Cours de Grammaire - Communauté : langue française
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 08:17
II - " COURS DE GRAMMAIRE  DE  MARINETTE " - ANALYSE LOGIQUE

 

 

I - GENERALITES

Une phrase est faite d'une ou de plusieurs propositions ou groupes de mots organisés autour d'un verbe ; elle commence par une majuscule et  se termine par un point.

Il y a autant de propositions que de verbes à un mode conjugué (le participe et l'infinitif, modes non conjugués, sont des cas à part).

La proposition indépendante
se suffit à elle-même : elle ne dépend d'aucune proposition et aucune proposition ne dépend d'elle.

"Deux vrais amis vivaient au Monomotapa." " Les deux amis", de  Jean de La Fontaine  ( 1621-1695)

Des propositions peuvent être coordonnées par des conjonctions de coordination - et ou ni mais or car donc-, qui peuvent aussi relier des mots ou des groupes de mots.

"Je plie et ne romps pas."  "Le chêne et le roseau" (La Fontaine)

Des propositions peuvent être juxtaposées : il y a une pause, souvent marquée par une virgule, entre les deux propositions :

"Il se faut entraider, c'est la loi de nature « L'âne et le chien » (La Fontaine)

La proposition principale est une proposition indépendante à laquelle on a rattaché des propositions subordonnées, (comme une locomotive à laquelle on attache ou non des wagons). Il n'y a pas de proposition subordonnée sans  proposition principale.

"[Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard,]  qu'on ne l'y prendrait plus.
(1)  "

 

 "Le corbeau et le renard" (La Fontaine)

Analyse de la citation : Les étapes : toujours compter les verbes à un mode conjugué d'abord. Ensuite il faut  souligner les mots invariables de liaison entre deux propositions. 1) 2 verbes à un mode conjugué, donc 2 propositions. 2) jusqu'à "tard" : proposition principale.
3) La suite est une proposition subordonnée conjonctive, introduite par une conjonction de subordination ( "que"),  complément d'objet direct du verbe principal (jura quoi ?)

La proposition subordonnée peut être subordonnée à la proposition principale par :
1) un pronom relatif,
2) un mot interrogatif
(pronom, adjectif ou adverbe), et, si le mot introducteur n'est pas dans ces deux listes, par
3) une conjonction de subordination
.
Le pronom ("pour le nom") remplace un nom : son antécédent ; la conjonction n'a pas d'antécédent.


"Il devint gros et gras (P. I. ) /  : Dieu prodigue ses biens
A ceux (P. P. )
/ qui font voeu d'être siens. (P. S. R. )" 

 

"Le rat qui s'est retiré du monde" (la Fontaine)

P. I. = Proposition indépendante. P. P. = Proposition principale. P.S.R. = Proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif : "qui" ; cette proposition est complément de l'antécédent du pronom : "ceux".

Notes : (1) : Pour tous les exemples / citations en rouge de ce "Cours de grammaire", c'est l'auteur de ce blog qui souligne et qui met entre crochets, qui ajoute des explications entre parenthèses...

 

Par Marinette - Publié dans : Cours de Grammaire - Communauté : langue française
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 07:51

  I - INTRODUCTION A LA CORRECTION DE LA LANGUE FRANCAISE ET AU COURS DE GRAMMAIRE


Ce blog contient deux parties :

 - La première, c'est l'offre d'une correction gratuite de votre langue française : vous envoyez un texte en commentaire et je le corrige en réponse avec explication des corrections, ou toute autre question à laquelle je pourrais proposer une réponse.

 

 - La deuxième, c'est « le cours de grammaire de Marinette », en une trentaine de leçons.

__________________________________________________________________________


Première partie du blog :

 

Bonjour !
Je m'essaie à ce travail en vous proposant un exemple.  J'attends vos commentaires (et merci d'excuser aussi mes fautes !)

Un exemple pris sur la toile au hasard : "oui peut etre mais c'est pas en restan les bras croiser qu'on peu apprendre"

devient : Oui, peut-être, mais ce n'est pas en restant les bras croisés qu'on peut apprendre.

 

Explications :

 

« Il peut être parti » ou « peut-être (mais ce n'est pas sûr) est-il parti... » 

« il peut être grand, ou petit, je n'en sais rien » ou : « peut-être est-il grand, peut-être est-il  petit ? »: c'est différent.

La pontuation : la respiration d'une phrase se marque par la ponctuation : des pauses ou arrêts, plus ou moins longs ; ainsi « peut-être » s'est glissé entre virgules à l'intérieur d'une phrase, qui se termine par un point...

Le participe passé pris comme adjectif  : "les bras croisés" : croisés vient du verbe croiser ; ce participe (mode) passé (temps) du verbe -le mode étant une manière de voir les choses, le temps inscrivant son époque sur l'axe du temps- est pris ici comme adjectif : il s'accorde donc en genre (masc. fém.) et en nombre (sing. plur. ) avec le nom auquel il se rapporte. (les routes croisées) (les routes sont croisées)

Le participe présent pris comme verbe : "restant", par contre, est le participe (mode) présent (temps) du verbe rester ; rester est un verbe en ER, donc du premier groupe ; le participe présent est alors toujours en ANT,  invariable quand il est utilisé comme verbe (une action, un état), variable quand il est pris comme adjectif, qui qualifie le nom auquel il se rapporte (Ici, dans "poste restante", il est pris comme adjectif)

 

II - Le « Cours de grammaire de Marinette » commence par l'analyse logique.

On doit passer par l'analyse logique  pour savoir corriger son style : on ne met pas les mots, les groupes de mots, les propositions n'importe comment dans la phrase

 

Si on apprend ce cours de grammaire par coeur, les exemples compris, on le conservera en mémoire toute sa vie, on saura toujours se corriger et l'on n'aura plus besoin d'y revenir (comme les élèves le font dans chaque classe où le par coeur est exclus, le par coeur associé à la compréhension et à l'assimilation, bien entendu.)

Mes livres de grammaire de base : "Grammaire française", Dubois, Jouannon, Lagane, éditions Larousse, et les livres d'exercice correspondants selon les classes : 6e, 5e, 4e et 3e.

 

(L'auteur de ce blog en a un autre : www.marike.over-blog.com/
Ce blog contient d'abord (articles 1 à 166) une Etude de Marc et des compléments d'autres évangiles en regard avec la littérature et d'autres arts, puis (articles 167 à 214) une réflexion sur des questions de la mouvance religieuse, puis de la société, et des sciences, enfin, à partir de l'article 215, un carnet de poésie illustré, à la fois, et tour à tour, chronologique et des 4 saisons...selon la saison en cours...)


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blog : www.marinette.over-blog.org   -    -  © 2007 - Tous droits réservés
"Aucune reproduction, même partielle, traduction ou adaptation autres que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans l'autorisation expresse de l'auteur ".

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Par Marinette - Publié dans : Correction langue française - Communauté : langue française
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /2008 11:29

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