13. Relativité et mécanique quantique

Publié le par Marinette

13. Relativité et mécanique quantiquee journal de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, auteur (suite 13)
19 03 2016 Je retrouve ici les paradoxes auxquels nous conduisent les deux branches les plus pointues de la science, à savoir la Relativité et la Mécanique quantique. J’en énonce quelques uns :
1) concernant la Relativité  
Tandis qu’un voyageur emporté à une vitesse proche de celle de la lumière n’aura vieilli que de quelques heures, le temps de celui qui est resté sur terre se comptera en dizaines d’années au vu des calculs de la Relativité. Irréprochables en tant que calculs, Bergson y distingue pourtant un piège : il consiste à prêter à l’un l’image de la réalité que l’autre a en lui de son propre point de vue. Sur terre les points de vue se recoupent : si je regarde un objet, je sais d’emblée que mon voisin voit le même que moi s’il regarde dans la même direction. Il n’en serait plus de même si l’un et l’autre nous étions entraînés par des vitesses très différentes mais, par rapport à la réalité, il s’agit d’une condition qui n’est jamais réalisée : nous ne serions plus voisins. Ce ne peut être qu’une image.

Pour bien juger de la communication des consciences entre elles, il faut s’en tenir au monde tel qu’il est, tel qu’il se présente à la conscience perceptive ; selon elle il n’y a qu’un seul monde, unique, que toutes les consciences partagent ensemble, non seulement d’ailleurs celles des hommes, mais celles de tous les êtres vivants. Si je me lie d’amitié avec un animal domestiqué, la condition fondamentale est que mon monde et le sien soient le même. Si nous ne nous lions pas d’amitié avec une grenouille, c’est bien parce que nos mondes ne sont pas communs.

L’Evolution a fait apparaître chez les Mammifères des dispositions vis-à-vis du monde qui n’existaient pas encore auparavant chez les espèces animales. Avec l’apparition de l’être humain ce n’est plus seulement de conscience au sens large qu’il s’agit, mais de conscience réflexive. C’est avec elle que se pose le problème de la conscience morale du bien et du mal, du vrai et du faux (la vérité)... et de la destinée ultime de l’homme.

2) concernant la Mécanique quantique1
Cette fois ce n’est plus la théorie de la Relativité, mais celle de la Mécanique quantique qui semble mettre en doute le plus simple bon sens fondé lui-même sur la raison logique. Ainsi ne peut-on être à la fois, en même temps, mort et vivant, tel « le chat de Schrödinger ».
C’est grâce à la théorie de la décohérence ou à la « réduction du paquet d’ondes », que la difficulté semble être surmontée. Si l’on s’en tient aux données de la mécanique quantique, la science peut-être la plus fructueuse par ses nombreuses applications qui la confirment, on est amené cependant à des contradictions, comme on vient de le voir. Une rallonge à cette théorie de la mécanique quantique, évidemment de nature conceptuelle, doit lui être ajoutée ; elle a pour fonction de « décohérer », autrement dit de séparer ce qui, dans la théorie, ne forme qu’un bloc en soi.
Aux principes fondamentaux de la physique la plus en pointe, et, je le répète, particulièrement riche en applications pratiques, vient donc se superposer la vie elle-même. Le chat de Schrödinger, à la fois vivant et mort, est un animal fictif, sorti tout droit des principes les plus fondamentaux de la mécanique quantique.
Ce qui ne fait qu’un, la vie a le pouvoir de le diviser. C’est peut-être de cette manière que la vie est apparue dans l’immensité du cosmos, mais en tout cas, actuellement sur terre, c’est bien ce que semble suggérer la physique quantique : la décohérence ; pas de vie possible sans décohérence.

Si la physique quantique divise, elle admet aussi le contradictoire, selon l’expérience du chat de Schrödinger. Est-ce au corps d’effectuer cette transition, au cerveau ? Ce n’est pas le cerveau qui pense, c’est moi. Ce n’est pas le cerveau qui perçoit les objets que je vois lorsque j’ouvre les yeux : c’est moi et non pas lui. Pourtant ce serait une grosse erreur de penser qu’il n’a rien à voir dans cette opération ; Bergson écrit que toute perception d’objet s’accompagne inévitablement de mouvements cérébraux, mais, ajoute-t-il aussitôt, je ne vois pas du tout comment elle naîtrait du mouvement cérébral. (Edition du centenaire des « Œuvres », PUF. 1991. Page 193)
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1 La Mécanique quantique : « sa description du monde repose sur des amplitudes de probabilité (fonctions d'onde). Ces fonctions d'ondes peuvent se trouver en combinaison linéaire, donnant lieu à des « états superposés ». Cependant, lors d'une opération dite de « mesure » l'objet quantique sera trouvé dans un état déterminé ; la fonction d'onde donne les probabilités de trouver l'objet dans tel ou tel état. » (Wikipédia)
Ce n’est – en imagination – qu’en ouvrant la boite où est enfermé le chat de Schrödinger, avec un poison potentiel, qu’on saura s’il est mort ou vivant... C’est cette mesure, qui tranche entre la vie et la mort, que refuse la physique quantique.

 

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