20. Idéologie. Epigénétique et finalité

Publié le par Marinette

Le journal de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, auteur (suite 20)

Le 04.04.2016            Réflexion sur notre temps. Ce qui me frappe de plus en plus, c’est la prise de pouvoir de l’idéologie (l’idéologie darwinienne) sur les sciences de la vie. Hors de Darwin, point de salut.

Idéologie : une idée qui déborde le cadre pour lequel elle est valable et devient folle (trompeuse). Ce fut le cas de la génétique dans le courant des années correspondant à celles de la moitié du 20ème siècle. Elle déborde de son cadre en s’efforçant de se soumettre l’embryologie. Usurpation dénoncée par R. Chandebois dans Le gène et la forme avec pour sous-titre : la    démythification de l’A.D.N. Dans cette usurpation, l’invention de l’ordinateur a joué un rôle fondamental : le fonctionnement de l’organisme est compris à partir de celui de l’ordinateur. Tel est le pari de J. Monod dans Le hasard et la nécessité, (1970). Il a fallu plusieurs années pour que la communauté scientifique se rende compte de l’impasse dans laquelle Monod avait engagé la biologie.

Le 04.04.2016            Est-ce en ajoutant un étage à la génétique, à savoir l’épigénétique, qu’on a pu la sauver de l’impasse dans laquelle Monod l’avait fourvoyée ? Que faut-il donc  entendre par épigénétique ? Loin d’être une science bien définie, on pourrait dire qu’elle est tout ce que la génétique ne peut expliquer concernant la vie, le développement embryonnaire par exemple. L’embryon, cet inconnu, comme le souligne R. Chandebois par le titre qu’elle donne à l’un de ses principaux ouvrages. Comme le souligne Bergson : le développement de l’embryon est un perpétuel changement de forme. Celui qui voudrait en noter tous les aspects successifs se perdrait dans un infini. Op. Cit. p. 510. Cette impuissance, poursuit Bergson, ne tient pas seulement qu’à notre impuissance, elle tient à la vie elle-même qui est  comme un courant qui va d’un germe à un germe par l’intermédiaire d’un organisme développé.  Op. Cit. p. 517, le PUF. Courant qui aboutit finalement à la naissance de l’être humain, bricole de la nature ou aboutissement d’un Projet ?

Le 05.04.2016            L’homme bricole de la Nature ou accomplissement d’un Projet divin ?    Le cerveau humain et en particulier ses aires du langage (aires de Broca et de Wernicke) ne sont-ils que des bricoles de la Nature ? Si on réfléchit tant soit peu à leur organisation, on ne voit pas bien – le moins de l’on puisse dire – comment ils pourraient être le résultat du hasard et de la sélection naturelle. Ne pas craindre d’affirmer qu’ils sont le fruit d’une finalité d’un projet divin dont le but est de faire de l’Homme un être moral, doté d’une intelligence capable de distinguer et de choisir entre le vrai de l’erreur, le moral et l’immoral, le juste et l’injuste, voire au péril même de sa simple vie biologique s’il le faut, dans certaines circonstances particulières.

Le 06.04.2016            On sait que l’être humain n’a pas toujours existé ; on sait moins que ce fut aussi le cas de la matière ; pour qu’elle existât, un assemblage de protons et de neutrons dût se produire et pas n’importe comment. Ce ne fut certainement pas une mince petite affaire livrée au hasard sans finalité.

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J
Bonjour Monsieur Lefeuvre,<br /> <br /> La question du début de la matière me semble une question métaphysique. Saurons-nous jamais?<br /> Univers en rebond donc pas de début de l'univers mais fluctuations des états organisationnels ou alors univers avec big bang et début mais seul univers ou multivers (Barry Everett) ??<br /> Je viens de découvrir votre nom (via Harmattan) et votre blog, votre travail et les livres que vous lisez<br /> et avez lu. J'ai lu aussi pas mal d'entre eux depuis une quarantaine d'années.<br /> Je comprend aussi votre position théologico-philosophique, que je trouve totalement respectable, même si j'ai du mal à y adhérer en totalité.Mais j'ai lu Claude Tresmontant avec soin (pas tout).<br /> Je vais donc à l'occasion lire vos livres, car les problématiques soulevée m'intéressent depuis longtemps, et pourquoi pas rester en contact avec vous.<br /> <br /> Bonne continuation,<br /> <br /> Jean-Bernard Dietrich
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