17. Physique quantique (suite). Le réel. Cerveau et pensée

Publié le par Marinette

Le journal de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, auteur (suite 17)

Semaine de Pâques 2016 Aux lecteurs du Traité de physique et de philosophie de B. d’Espagnat.

Vue par les sommets, la thèse de B. d’Espagnat est que le réel existe : la physique n’est pas qu’une activité supérieure du cerveau humain, à savoir la thèse idéaliste. Elle atteint le réel mais celui-ci se présente d’une façon voilée et non en pleine lumière ; cela ne peut être autrement. Telle est la thèse philosophique de B. d’Espagnat. C’est aussi la thèse de mon ami Michel Troublé, non pas en tant que physicien mais en tant que roboticien (L’intelligence artificielle).

Nous avons besoin de notre cerveau pour penser mais ce n’est pas lui qui pense. La question qui se pose, dès lors, est la suivante : quelles relations existe-t-il entre le cerveau et la pensée ? Question fondamentale, essentielle.

Au niveau d’une simple perception visuelle, la question se pose déjà. J’y reviens souvent dans ce journal parce qu’elle est fondamentale : il ne suffit pas d’être un homme neuronal (ex. J.P. Changeux) pour être un homme.

Quels rapports existe-t-il donc entre le cerveau et la pensée ? Première remarque : le cerveau vit dans l’instant présent ; comme conscience, je vis dans le temps, dans la durée, tant par mes souvenirs que par mes connaissances. La physique m’amène donc tout à fait légitimement à la métaphysique. Kant avait donc tort quand il prétendait le contraire, en raison des insuffisances scientifiques de son époque.

La réponse exige de faire encore remarquer que le cerveau agit dans l’instant présent, tandis que la pensée se nourrit de connaissances acquises au cours de l’existence. A partir de cette simple constatation, il s’avère bien difficile de réduire la pensée à une simple activité cérébrale, celle-ci est nécessaire mais pas suffisante. Elle ne se substitue pas à l’esprit.

Après le jour de Pâques 2016 J’ai surtout suivi les offices religieux à la télévision, mais je reviens sur ce que j’ai écrit la semaine précédente à propos de l’activité cérébrale dans ses rapports avec la pensée. Au risque de me répéter - mais il ne s’agit ici que d’un journal et non d’une pensée suivie - je redis que l’activité cérébrale se déroule dans l’instant présent tandis que la pensée mobilise des connaissances acquises au jour le jour et conservées dans la durée personnelle de chacun sous forme de souvenirs et de connaissances acquises à l’état de simples virtualités. Ajoutons toutefois que ce sont elles qui constituent la personnalité et font de chacun un être à part, inassimilable à aucun autre. Toutefois, avant de revenir sur le souvenir, je voudrais m’attarder sur des activités psychiques plus simples, à commencer par la perception qui nous met d’emblée en contact avec le monde environnant.

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