18. Physique. Réel. Neurones et conscience
Le journal de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, auteur (suite 18)
Le 29.03.2016 Retour à la physique. De la théorie corpusculaire de la matière ou de la théorie ondulatoire, laquelle des deux décrit le mieux la réalité ? Si le Réel est voilé, on pourrait peut-être répondre : les deux, chacune d’entre elles soulevant un petit bout du voile. Ajoutons qu’être voilée pour la réalité n’est pas qu’un vague accident sans grande importance : cela tient à la nature même de nos sens qui sont d’ordre adaptatifs à la réalité mais non révélateurs de la réalité. Je me permets ici, encore une fois, de citer Bergson : C’est dire que le système nerveux n’a rien d’un appareil qui servirait à fabriquer ou même à préparer des représentations. Il a pour fonction de recevoir des excitations, de monter des appareils moteurs et de présenter le plus grand nombre possible de ces appareils à une excitation donnée. Matière et Mémoire, p. 181, Editions du Centenaire, P.U.F.
Conscience et structure du système nerveux
D’où provient donc la conscience des choses que nous percevons tout autour de nous, si elle ne provient pas des mouvements cérébraux ? La réponse de Bergson est claire : elle ne provient pas des mouvements cérébraux eux-mêmes mais de la structure du système nerveux, ce qui est tout à fait différent. En quoi consiste donc cette structure ? En vue de quoi a-t-elle été construite au cours de l’Evolution ? Non pas directement répond Bergson, en vue de la représentation mais en vue de l’action. Nous avons considéré alors l’action elle-même et l’indétermination qui l’environne, indétermination qui est impliquée dans la structure du système nerveux et en vue de laquelle ce système paraît avoir été construit bien plutôt qu’en vue de la représentation. Matière et Mémoire p. 183. Comment se fait-il alors, poursuit Bergson, que la conscience semble naître directement des mouvements cérébraux ?
Ce n’est donc pas des neurones que peut naître la conscience mais il faut pourtant que le cerveau ait atteint un certain développement et une certaine organisation pour que la conscience puisse apparaître en lui. Quelle est donc l’origine de la conscience ? Je pense que pour la comprendre, il faut orienter la réflexion vers l’Evolution. Chaque être vivant, en tant qu’appartenant à une espèce particulière, se situe à un emplacement particulier sur l’arbre généalogique de la Vie. Un batracien ne s’y situe pas au même niveau qu’un mammifère : la Vie a réalisé des progrès au cours des 25 millions d’années que l’on estime aujourd’hui pour que la transition se soit produite : une tendance générale puisque, à partir des fossiles, on peut suivre sur 3 lieux et 3 climats différents une même tendance évolutive vers le modèle mammifère. Le hasard n’a donc rien à voir avec cette présence des mammifères sur terre.
Le 30.03.2016 Il en va de même de la présence de l’être humain sur terre. Elle a été aussi programmée.