15. L'Evolution. Le réel

Publié le par Marinette

Le journal de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, auteur (suite 15) 07 04 2016

Les mammifères
ont fait leur apparition sur terre à une époque relativement récente du point de vue géologique, vers le début du tertiaire. Le changement fut radical par rapport à ce qui avait précédé. Les œufs ne sont plus projetés dans la nature au gré des circonstances ; ils sont reliés par le placenta au corps maternel qui les nourrit et où ils se développent. L’Evolution est généralement ascendante, reconnait J. Monod, mais le hasard, ajoute-t-il, est une source de richesse incomparable. Comment vraiment le croire ? Est-ce par hasard que dans plusieurs endroits sur terre, ne pouvant communiquer entre eux, séparés par d’immenses océans, le même phénomène, celui du passage vers le type vertébré, se soit produit ? Un tel constat permet-il encore d’accorder à l’aléatoire, au pur hasard, le pouvoir que des darwiniens lui prêtent encore aujourd’hui ?

Je me permets de citer intégralement ici les propos suivants de P.P. Grassé : « L’évolution se présente toujours, quand on se réfère aux fossiles, comme une marche vers une certaine forme. Elle s’effectue au sein d’une lignée, en additionnant des variations qui vont toujours dans le même sens et se complètent durant des millions et des millions d’années. La genèse reptilienne des Mammifères, par exemple, a duré plus de 5O millions d’années ». L’Evolution du vivant, P.P. Grassé, Albin Michel p. 173.

Le 23.03.2016
Je me souviens qu’une des dernières conférences que je fis à Dakar, au cours de 10 années que j’y ai passé comme professeur de Philosophie et d’épistémologie avait pour titre :  Le réel. Qu’est-ce que le réel . C’était en 1986. Le marxisme était encore la pensée dominante de l’époque. Parmi mes auditeurs, la question se résumait aux rapports de force entre dominants et dominés. Tout le reste n’était qu’une divagation idéologique en vue de tromper sur l’essentiel, l’unique réalité. Je rappelle que l’épistémologie est la discipline philosophique qui traite des caractères de validité d’une proposition, tout spécialement scientifique.

La réduction marxiste de l’épistémologie aux seuls rapports sociaux est bien loin de nous et de nos intérêts philosophiques aujourd’hui. A l’époque, ce n’était pas le cas.

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