Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 08:23

Michel Lefeuvre

 

 Le cerveau et la putain

 

 

 Quand la science oublie la finalité

 

 

 

Salvator

 

 

 

Le Cerveau et la Putain : ce titre étrange aurait fort étonné Kant. Il se veut, pourtant, un écho à la distinction kantienne entre deux types de jugements, les uns concernant les sciences de la matière, les autres celles de la vie. La thèse défendue ici par Michel Lefeuvre consiste à montrer qu’il n’y a pas à rougir de la finalité et qu’il vaudrait mieux la considérer comme « épouse » plutôt que comme « putain », à condition de la penser avec les moyens actuels offerts par la cybernétique.

L’auteur reproche à de nombreux biologistes contemporains leur méprise historique : on n’est plus au temps de Kant pour juger comme lui de la finalité ; si on refuse au cerveau lui-même cette propriété d’être avant tout un instrument d’adaptation aux conditions mouvantes de l’univers physique, ne lui refuse-t-on pas toute existence ?

Cet ouvrage, sous des perspectives multiples, offre aussi une réflexion sur les grands courants de pensée de notre époque : existentialisme, phénoménologie, structuralisme, philosophie de l’Être (notamment Merleau Ponty).

 

Couverture : I. de Senilhes - Illustration : © Do Delaunay

 

Michel Lefeuvre, docteur d’État en philosophie et

disciple de Paul Ricoeur, a enseigné dans les classes

préparatoires aux grandes écoles et à l’Université,

notamment à Angers, Rennes et Reims. Il a aussi enseigné

la philosophie des sciences à Dakar. Il est l’auteur de

plusieurs livres, dont : Nature et Cerveau, La Réhabilitation du

temps et Scientifiquement incorrect. Les dérives idéologiques

de la science (Salvator, 2006).

 

 

 

 ISBN : 978-2-7067-0725-4         

 Salvator-Diffusion  - 18 €

 

 Salvator

Par Marinette - Publié dans : philosophie des sciences - Communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 18:35
31 01 2010

des outils pour l’orthographe

Le travail de l’école primaire n’a pas été acquis : il faut donc refaire ses classes. (le primaire, c’est, disons : en français : 2h par jour pendant 4 ans)

Il n’y a qu’une seule solution : travailler.

1) Dès le départ, l’idéal aurait été d’apprendre à lire par la méthode syllabique, non globale (La méthode Boscher  Editions Belin –dernière édition) selon ce que recommande le scientifique qui a étudié la question : «Les neurones de la lecture, de Stanislas Dehaene (Editions Odile Jacob. 2007)

2) distinguer : l’orthographe d’usage (invariable) et l’orthographe grammaticale

A) Pour l’orthographe d’usage :

a) Apprendre des poèmes classiques des très grands auteurs classiques par cœur, ou des extraits de leurs œuvres. Puiser dans ceux que j’ai indiqués pour les quatre saisons, ailleurs dans mon blog, ou sur la toile.

Je recommande « L’Anthologie de la poésie française » de Georges Pompidou, en livre de poche.
Les retranscrire ensuite de mémoire, et corriger ses fautes.

En plus de l’orthographe, cela enchantera votre mémoire pour toute votre vie, avec des œuvres d’art ; cela améliorera votre langage et votre style, cela vous donnera une culture française.


b) Préparer des dictées et se les faire dicter, puis se corriger. (attention : ne pas confondre majuscules et minuscules, ne pas inventer la manière d’écrire les lettres car il y  a un code unique ; orienter bien les accents et vérifier la ponctuation à l’aide de la leçon sur la ponctuation.)


B) Pour l’orthographe grammaticale, deux outils majeurs :


- Le Cours d’Orthographe, cours  élémentaire et moyen, d’Edouard  BLED. Editions Hachette  : apprendre par coeur les leçons et faire les exercices


- L’art de conjuguer  - Bescherelle – éditions Hatier

Apprendre les conjugaisons types


- La grammaire Dubois Jouannon Lagane – éditions Larousse ; avec les livres d’exercice correspondant aux classes, si on les trouve encore. On y trouve des dictées à préparer. J’ai mis l’essentiel de la grammaire sur mon blog : www.marinette.over-blog.org  avec en général des exemples de la grande littérature classique.


(Vous avez aussi, à la fin des dictionnaires Larousse de poche, une grammaire très utile).


 Je vous souhaite un très bon courage, et surtout de la persévérance (peu de travail, peut-être, mais tous les jours et régulièrement : avec cette règle vous viendrez à bout de tout) !

 


Etre exigeant envers soi-même : se noter : 5 fautes (d'usage ou de grammaire) = 0/20 ; 1/2 f pour les accents ; 1/4 de faute pour les autres.

 

Note :

Et pour compléter : « Anthologie de la prose française » de Marie-Claire Weber-Lefeuvre – 1100-1900 – 504 p. Illustrations, repères de toutes sortes (26 €, port compris pour la France. Commander chez l’auteur : mlefeuvre@club-internet.fr)

Par Marinette - Publié dans : Correction langue française - Communauté : Face aux problèmes quotidiens
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 06:14
En règle générale, quand on a un doute, il est préférable de recourir aux dictionnaires anciens, comme le Littré, ou même mon dictionnaire Quillet en 6 volumes, pour l'éclaircir.

- Différence entre métonymie et synecdoque :

- métonymie : "Figure par laquelle on prend la cause pour l'effet, le contenant pour le contenu, la partie pour le tout...etc...
ex : dix voiles, pour dix voiliers."

- synecdoque : "Figure qui consiste à prendre un mot dans un sens nouveau, soit en l'augmentant (en prenant le tout pour la partie, le genre pour l'espèce,  etc... soit en diminuant (en prenant la partie pour le tout, l'espèce pourle genre) :
ex : mille âmes,  pour mille habitants, le fer pour l'épée...

La  voie passive, active,  ou la  voix passive, active  ? Quel est le plus logique ?

Pour aller du sujet vers l'objet ou vers l'agent de l'action, on passe par différentes voies ; exemple :

Le chat mange la souris
La souris est mangée par le chat
 
mais pas par différentes voix qui appellent je ne sais quoi.

Il est curieux que, sur la toile, on semble conserver la bonne orthographe quand il s'agit des langues étrangères, mais pas en français !
Par Marinette - Publié dans : Correction langue française - Communauté : langue française
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 16:04
Envoyé : mardi 6 octobre 2009 10:24
À : COURRIER-DES-LECTEURS
Objet : La découverte d'un primat mosaïque

envoyé le 06 10 09 au Monde

 

non publié à ce jour.

 

La découverte d’un primate mosaïque… conclusion… 

 

Le Monde est un journal indispensable pour ses informations.  Dans celui du  03 10 09, page 19, je viens de lire "Ardipithecus", primate mosaïque, ni singe ni humain, un court article sur une découverte intéressante, en 1993, concernant un primate mosaïque, ni singe ni humain. Le fait qui m’a particulièrement intéressé est que cet hybride possèderait déjà la bipédie puisqu’il n’utilisait que ses pattes arrière pour marcher. Aucun paléontologue sérieux n’en ferait un homme ; il ne s’agit pour eux que d’un hominidé.
La conclusion que j’en tire est la suivante : La bipédie qui permet le relâchement de ce lourd bandeau musculaire qui enserre la tête des quadrupèdes n’entraîne pas, par voie de conséquence, la naissance de facultés cognitives comme celles de l’homme., Il faut bien autre chose : une longue préparation dans l’atelier des phylums (ou phyla) pour qu’avec le temps -la solidarité du devenir avec l’ancien- naissent des générations d’un type nouveau. Merci encore au Monde pour ses précieuses informations.

 

Par Marinette - Publié dans : philosophie des sciences - Communauté : La commune des philosophes
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 13:32

05 10 09


En réponse à l’article du Monde du vendredi  2 octobre 2009, page 10 : « L’opposition au darwinisme s’est évaporée. »

 

5 - A t-on le droit de contester Darwin ?

 

Que connaissait-on à l’époque de Darwin des mécanismes biologiques ? Peu de choses. Pour établir sa thèse, Darwin se fonde sur la pratique des éleveurs, en vue d’améliorer la race, à l’intérieur de l’espèce.

Depuis de grands progrès ont été entrepris en embryologie (Spemann, Nieuwkoop, et Chandebois, à l’écoute de ce dernier, en France…)

Dommage que l’on n’en tienne pas compte pour mieux comprendre l’Evolution. On percevrait peut-être mieux que celle-ci ne se produit pas à partir de formes adultes, mais à partir de formes embryonnaires. Ce n’est pas parce que les ancêtres de l’homme se sont mis à courir que leur larynx est descendu1 et que la modulation des sons a dès lors été rendu possible. L’acquisition du langage est un processus tellement plus complexe.  Elle présuppose tant de remaniements neuronaux, tant de difficultés à contourner, que ce n’est pas par un coup de chance  -courir dans la savane – qu’elle a pu se produire.

 

L’atelier de la Nature est ailleurs : il faut compter sur le temps, sur la solidarité qu’il institue entre le moins développé, le moins organisé –les formes anciennes-  et le plus développé, le plus organisé –les formes nouvelles. Cela ne peut se produire que dans l’embryon et au cours des multiples générations qui se succèdent dans un phylum donné.

 

Je regrette que de grands scientifiques, dans leur domaine, fassent complètement confiance à leurs collègues d’autres spécialités ; un éminent anthropologue n’est pas nécessairement compétent en biologie de l’Evolution.


Note 1 : "La plus belle histoire du langage" de Picq, Sagart; G. Dehaene ; Lestienne
(éditions du Seuil,  2003 pp. 62-63)

Par Marinette - Publié dans : philosophie des sciences - Communauté : La commune des philosophes
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Présentation

Conférence de Michel Lefeuvre

Unité de Recherche du Projet Nouveau Regard

29 septembre 2007

 

Les modèles néo-darwiniens de l’Evolution, fondés sur le hasard et la sélection naturelle, ne peuvent-ils pas être avantageusement remplacés par un autre type de modèle basé sur l’embryogenèse ?

        

Je vais partir de J. Monod pour traiter de cette question, et tout particulièrement de son petit livre : Le hasard et la nécessité (1970).

            Voici ce que dit J. Monod au sujet de l’origine de la vie :

1°) La vie est apparue sur la terre : quel était, avant l’événement, la probabilité qu’il en fût ainsi ? L’hypothèse n’est pas exclue, au contraire, par la structure actuelle de la biosphère, que l’événement décisif ne se soit produit qu’une seule fois. Ce qui signifierait que sa probabilité  a priori était quasi nulle. (p. 183)

2°) page 182, d’une façon plus scientifique : 

Le code [génétique] tel que nous le connaissons résulte d’une série de choix au hasard qui l’ont enrichi peu à peu.

Autrement dit, l’apparition de la vie sur terre était quasiment nulle, infiniment improbable.

3°) enfin, page 185 : Vous connaissez cette citation :

L’univers n’était pas gros de la vie, ni la biosphère de l’homme. Notre numéro est sorti au jeu de Monte-Carlo. Quoi d’étonnant à ce que, tel celui qui vient d’y gagner un milliard, nous éprouvions l’étrangeté de notre condition ?

            Première étape : en ce qui concerne le hasard : à l’origine de la vie, c’est lui qui explique tout.

            Deuxième étape : revenons à l’intitulé du livre : Le hasard et la nécessité. Que vient faire ici la nécessité ? On ne peut nier à priori, dit J. Monod, qu’un organe, tel que l’œil, possède une certaine finalité ; tout est combiné en lui comme dans un appareil photographique en vue de capter des images. Toutefois il ne faut pas y voir là une véritable finalité. Tout s’explique par sa structure interne ; chez le vivant cette structure a pour nom et pour effet : l’invariance reproductive : un chat donne naissance à un chat, un chien à un chien ; la nature répète, reproduit à l’identique : c’est cela, la nécessité. Apparue par hasard, la structure de l’A.D.N. se réplique ensuite mécaniquement et fidèlement.

            Il peut pourtant y avoir des ratés dans cette stabilité, c’est à dire des mutations se produisant au hasard, d’une façon purement aléatoire. Ce sont ces mutations qui sont  la source de la richesse qu’a connue l’Evolution (op. citation p. 157). Les conclusions de Mendel viennent ainsi au secours de celles de Darwin : les infimes modifications qui s’ajoutent les unes aux autres dans le gradualisme darwinien ont maintenant un fondement matériel : ce sont les gènes et les mutations contingentes qui les affectent. Nous avons là en germe La théorie synthétique de l’Evolution telle qu’elle a été formulée par Mayr.  Fondamentalement c’est la synthèse des travaux de Darwin et de Mendel.

            Je résume brièvement ce que je viens de dire : le hasard joue à un double niveau du réel, selon Monod :

1) au niveau de l’apparition de la vie sur terre.

2) au niveau de l’évolution des espèces.

 

            Qu’en est-il 40 ans plus tard ? je pense que la grande majorité des biologistes contemporains ont troqué la thèse du hasard pour celle du déterminisme, en ce qui concerne l’origine de la vie.

            Voici la parenthèse qu’écrit Gould dans La vie est belle (page 348) : (soit dit en passant, je ne pense pas que l’apparition de la vie ait résulté d’un événement imprédictible, dû au hasard. Je suppose que, étant donné la composition de l’atmosphère et des océans primitifs, la naissance de la vie était une nécessité chimique. La contingence s’est mise à jouer plus tard…)

            Pour Christian de Duve, la vie n’est pas apparue à cause d’un hasard hautement improbable, mais à la suite d’un grand nombre d’étapes où la chimie et l’informatique se sont données la main pour édifier les premières cellules vivantes. Je pourrais citer encore François Gros (Regard sur la biologie contemporaine ainsi que Mémoires scientifiques. Un demi-siècle de biologie). A cause des ses travaux sur l’A.R.N. messager, on peut dire que, pour lui plus que pour tout autre, le monde de la vie, celui de l’A.D.N., du code génétique, a été précédé du monde de l’A.R.N. –  à cause du caractère auto-réplicant de ces molécules.

            Je voudrais faire ici une hypothèse à propos des travaux de J. Monod. En terminant Le hasard et la nécessité, son auteur écrit à propos du code génétique : En fait ce n’est pas de problème qu’il faudrait parler, mais plutôt d’une véritable énigme (op. cit° page 182). Il me semble que c’est cette énigme que ses successeurs, spécialement François Gros, se sont efforcés de résoudre. Ont-ils réussi ? Voici un problème sur lequel j’aimerais que l’on se penche en toute honnêteté. De grands esprits tels que René Thom ne croient pas à cette mythologie enzymatique. D’autres font remarquer qu’il n’existe aucune relation physico-chimique entre les nucléotides A.R.M.m pris 3 par 3 et les 20 acides aminés auxquels ces triades sont censées correspondre. Comme philosophe des sciences, je me suis naturellement penché avec beaucoup d’intérêt sur la biologie moléculaire, sur les travaux de Crick et de Watson, sur ceux de Jacob et de Monod ; ma première formation est celle d’un phénoménologue qui a travaillé les œuvres de Husserl et surtout de Merleau-Ponty, les travaux de ce dernier philosophe étant l’objet de ma thèse d’état (1973). Face à ce grand courant de pensée, à l’épochè, à la mise entre parenthèses du monde  et aux débats qui ont suivi jusqu’à l’apparition d’une nouvelle ontologie telle qu’elle s’exprime dans Le visible et l’invisible, la doctrine philosophique qui sous-tend les recherches de la biologie contemporaine, à son insu même, me fait remonter le temps. J’ai parfois l’impression de me retrouver en face de l’empirisme doctrinal de Hume, un sentiment qui met aussi mal à l’aise un penseur tel que Lévi-Strauss lui-même dans les dernières pages de L’homme nu. A mon sens, la biologie moléculaire méconnaît trop le mouvement dans son originalité même. C’est avec du statique qu’elle prétend le reconstituer ; c’est le cas lorsqu’elle affirme que c’est en bricolant des morceaux déjà existants, déjà là, que la nature crée du nouveau ; Il y a là de leur part une méconnaissance du pouvoir de la vie à coloniser la matière, à la domestiquer pour la faire servir à son propre usage qui est de s’auto-conserver et de s’auto-reproduire. Tout cela pose un immense problème à la fois scientifique et philosophique. Il est vrai que la vie ne s’est pas faite toute seule, qu’elle a dû, avant de se détacher de la matière, en épouser les formes, et que tout ce que Gros et de Duve disent des molécules auto-réplicantes me paraît justifié, mais il ne faut pas s’arrêter là. Par derrière ces mécanismes scientifiques, il me semble qu’existe un courant, un dynamisme qui cherche à s’exprimer et qui réussit à le faire en faisant émerger dans la matière de l’existant une auto-organisation incluant une sorte de proto-soi, un amorçage de la subjectivité promise aux plus hautes destinées avec, au final, l’apparition d’Homo sapiens. J’ai enseigné pendant plusieurs années la philosophie du langage au sens où l’entend l’école analytique anglo-saxonne. Pour Carnap, la métaphysique est un langage mal formé,  donc sans valeur. Or, à la même époque, je découvrais le livre de Bernard d’Espagnat : A la recherche du réel. Je suis entré en contact avec lui. Il est facile de se rendre compte que le langage du sens commun, l’objectivisme naïf, n’a aucune valeur pour rendre compte des faits d’expérimentation de la mécanique quantique. C’est le même malaise que j’éprouve parfois à la lecture de certains traités de biologie. Je ne nie pas l’intérêt des recherches et des découvertes, mais ce qui me met mal à l’aise c’est l’empirisme philosophique dans lequel ces recherches se coulent. Heureusement je constate que l’on en sort progressivement. Je renvoie à un numéro spécial Hors Série de Sciences/Avenir de juillet/août 2006 intitulé : Les fictions de la science.

 

L’Evolution

La vie est née

 

            Elle a évolué. Comment ? La thèse généralement admise aujourd’hui, c’est que ce sont le hasard et la sélection naturelle qui en sont les moteurs. Je vais soutenir une thèse franchement hérétique, néo-bergsonienne, en accordant au temps, à la durée, ou incubation du temps dans les processus biologiques, une fonction essentielle.

            Cela dit, je n’ai aucune difficulté à accorder une place importante au hasard dans l’Evolution mais je n’en fais pas le moteur. Pour moi il est plutôt source de richesse, comme pour J. Monod, mais je ne suis pas insensible aux thèses de Gould, de la mort en masse, de l’extinction sur une grande échelle d’espèces entières – nos fameux dinosaures, par exemple.

            Comment en suis-je venu à cette position « hérétique », néo-bergsonienne ?

            Je pourrais fixer mon point de départ dans l’ouvrage de François Jacob : Le jeu des possibles , livre paru en 1981, mais que j’ai lu un peu plus tard. Voici ce qu’écrit F. Jacob : Pour comprendre véritablement les processus de l’évolution, il faut d’abord comprendre le développement embryonnaire.  C’est seulement alors que l’on pourra évaluer les changements compatibles avec le plan d’organisation  et le fonctionnement d’un organisme, et définir les règles et les contraintes du jeu évolutif. Malheureusement on ne sait  presque rien encore sur le développement de l’embryon (op. cit. p 87).

            J’en suis resté là pendant plusieurs années quand, par hasard, à l’époque où l’on commençait à douter du tout génétique, je suis tombé dans une librairie parisienne sur le livre d’une embryologiste, Professeur à l’université de Provence, le professeur Rosine Chandebois, et intitulé : Le gène et la forme (1989). Ayant été saisi par la grande qualité de ce travail, je suis entré en relation avec son auteur. Elle m’a fait savoir qu’elle achevait un travail  dont le but était de présenter une nouvelle logique du vivant.

            Il me semble qu’il y a quelque chose de vrai et de faux dans ce qu’écrit F. Jacob. Il y a tout de même eu de grands embryologistes au XXe siècle, dont le plus connu est sans doute Hans Spemann (1869-1941) ; il ne faudrait pas non plus oublier Nieuwkoop, embryologiste hollandais de la deuxième moitié du XXe siècle, avec lequel Rosine Chandebois a travaillé à Utrecht. Cela dit, il y a eu beaucoup de travaux expérimentaux  publiés ici et là dans différentes revues et qui sont tombés dans l’oubli parce que la mode n’y était plus et que la génétique faisait une forte concurrence à l’embryologie. Toute une expérimentation sur l’embryon est tombée à l’eau. C’est toute l’étendue et la richesse de ces expérimentations qu’a reprises Chandebois pour faire le point sur l’état des connaissances en embryologie et développer, à l’aide de quelques concepts fondamentaux  tirés de l’embryologie, une nouvelle logique du vivant et de l’Evolution. L’embryologie est une science très vaste qui exige d’énormes connaissances très précises : il y a une énorme différence entre l’œuf d’un batracien et celui d’un mammifère…A ce sujet, voici une citation tirée de : Le géne et la forme (p. 29) : Si on observe les choses d’un peu plus près, on remarque cependant que, des formes les plus simples aux plus spécialisées, l’ontogenèse comporte toujours la même succession de stades, chacun étant caractérisé par la nouveauté qu’il introduit dans l’organisation…

            Deux dates me semblent importantes à retenir dans l’histoire de la génétique : 

1953 : La découverte par Crick et Watson de la structure moléculaire en double hélice de l’A.D.N. , autrement dit du code génétique.

1961 : La découverte par Jacob et Monod du programme génétique : comment les gènes construisent l’animal.

            Je ne vais pas m’attarder sur la découverte du code génétique. Crick et Watson pensaient qu’à un gène correspondait ponctuellement un caractère, disons, pour simplifier, une protéine. Ce point de vue est aujourd’hui largement dépassé : le gène est considéré comme faisant partie de tout un ensemble dynamique dont il n’est qu’un élément. Je renvoie à un article de François Gros dans Sciences/Avenir - Hors Série - intitulé : La génétique est en pleine mutation.

            Je vais m’attarder davantage sur la notion du programme génétique pour opposer deux conceptions différentes de la construction du vivant, de l’animal.

            Pour Jacob et Monod, ce sont les gènes qui construisent l’animal. Je vais dire tout de suite comment.

            Pour Chandebois, ce sont les cellules qui s’entraident pour construire l’animal ; elles utilisent les gènes en filtrant leurs produits, en les accommodant en fonction des besoins de la construction.

 

            Je vais m’efforcer d’être simple sans être simpliste ; ce ne sera pas facile ; je vais donc vous demander beaucoup d’indulgence.

            Pendant son séjour dans l’ovaire, l’ovocyte accumule des réserves nutritives appelées vitellus – pensez au jaune de l’œuf chez les oiseaux. L’ovule est un ovocyte tombé en léthargie qui est réactivé par l’entrée en lui du spermatozoïde.  Les deux gamètes mettent en commun leurs chromosomes qui sont aussitôt répliqués et répartis entre deux noyaux fils. C’est ce que l’on appelle une mitose. Celle-ci s’achève par la formation d’une cloison, de deux membranes qui donnent à chaque noyau fils un territoire particulier dans le cytoplasme de l’œuf. Celui-ci est divisé en deux cellules appelées blastomères qui engendrent chacune à son tour deux blastomères de taille plus petite et ainsi de suite. C’est ce que l’on appelle le stade morula auquel succèderont les stades blastula puis gastrula et enfin commencera l’organogenèse. Au terme de cette dernière nous aurons dans l’organisme des cellules très spécialisées, celles du foie, du rein, du sang, les neurones, etc… Jusqu’au modèle présenté par Jacob et Monod en 1961, les biologistes se trouvaient dans un grand embarras : chaque cellule de l’organisme possède la totalité de l’A.D.N. c’est à dire de l’information génétique de l’espèce, et pourtant n’en expriment qu’une partie. Les fonctions du rein ne sont pas celles du foie ou du sang, etc…

            C’est un travail sur les bactéries, plus exactement sur le métabolisme du lactose chez les bactéries,  qui a amené Jacob et Monod à proposer une explication à ce paradoxe. Elle est fondée sur la notion de la répression des gènes. Les gènes sont habituellement réprimés ; ils ne s’expriment pas : ils sont inactifs. Dans le cas de la bactérie escherichia coli, la synthèse de plusieurs protéines ne se produit qu’à un très faible régime, pratiquement insignifiant en l’absence d’un sucre obtenu à partir du lactose : les galactosides. Habituellement réprimés, les gènes ne s’expriment qu’en présence du lactose. A ce processus, Jacob et Monod ont donné le nom de système lactose. La production de galactosidose est habituellement bloquée par un  répresseur agissant sous l’action d’un gène. Le rôle du lactose est simplement d’inhiber l’inhibiteur habituel.

            Ce système de répression/dérepression, constaté expérimentalement au niveau de la bactérie, Jacob et Monod l’étendent au problème  de la différenciation cellulaire chez les organismes multicellulaires en développement : la construction du vivant avec ses différentes parties, tissus et organes, est le résultat quasiment mécanique, ponctuel, d’actions/répressions des gènes. Autrement dit le programme génétique consiste en une libération différentielle, séquentielle, de l’information génétique.

Dans tout ce que je viens d’exprimer là, nous ne sommes pas dans le règne du hasard mais dans celui de la nécessité. Aujourd’hui la notion de programme génétique me paraît une notion fragile ; on n’y renonce pas mais on l’aménage sans cesse ; on croit encore à la toute-puissance du génome, mais…Qu’il s’agisse d’Atlan, d’Axel Kahn, de Kupiec, de Sonigo, ou de bien d’autres, des aménagements conceptuels importants s’imposent à leurs yeux. La critique la plus radicale est celle d’Evelyn Fox Keller, professeur d’histoire et de philosophie des sciences au  Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) ; elle a écrit un livre intitulé : Le siècle du gène (en 2000, traduit en français en 2003), préfacé d’ailleurs par François Jacob lui-même. Pour moi personnellement il me semble qu’il s’agit d’un langage mal formé que la question du « programme génétique » repose sur une erreur de méthode qui consiste à avoir étendu aux organismes multicellulaires un modèle qui marche très bien pour les micro-organismes que sont les bactéries, mais qui ne convient pas aux organismes complets pour la raison suivante : les bactéries se multiplient en se séparant tandis que les cellules d’un organisme ne se séparent pas dans un œuf en segmentation ; elles travaillent ensemble en s’informant mutuellement. Il conviendrait donc d’abandonner l’idée que c’est le génome qui construit l’individu, et d’affirmer que ce sont les cellules, selon  un plan, un programme, une mémoire, celle de l’espèce, virtuellement contenue dans l’horloge cytoplasmique de l’œuf ; elles travaillent ensemble et s’entraident, vision de R. Chandebois que je n’ai pas le temps de développer ici…En outre, tout individu fait partie d’une espèce qui appartient à une certaine lignée évolutive.

            De la nécessité nous repassons au hasard. Selon le néo-darwinisme, ce sont les mutations ponctuelles ou systémiques qui se produisent au hasard, d’une façon purement aléatoire, qui ont conduit l’Evolution ; je ne peux rentrer ici dans les distinctions qu’il faudrait faire entre le gradualisme et le saltationnisme, entre la pensée d’E. Mayr et celle de S. J. Gould. Je retiens seulement l’idée que c’est le hasard qui est le maître du jeu, la nature sélectionnant ensuite les meilleurs coups. Or cette idée se heurte à quantité d’objections que je vais essayer de détailler et que l’on passe habituellement sous silence.

1- Muter n’est pas évoluer, a écrit P. P. Grassé dans L’Evolution du vivant. Ce sont deux concepts différents. Et encore : Les Bactéries n’ont en rien changé leur plan d’organisation, qui demeure le même depuis l’époque où leurs ancêtres précambriens métabolisaient les sels ferriques dans les lagunes (p. 107). Depuis les temps les plus anciens, et encore de nos jours sous nos yeux, les Bactéries n’ont cessé de muter. Pourtant elles n’ont pas évolué ; leur plan d’organisation est toujours resté le même.

            Le groupe des didermiques représente les formes les plus primitives de la vie chez les multicellulaires. Les méduses, les éponges sont encore de nos jours les représentants les plus typiques de cette époque. Aux didermiques ont succédé les tridermiques. Jusqu’aux sommets de leur évolution, malgré toutes les mutations que l’on a pu constater, rien n’a changé dans l’aspect et dans les positions relatives des grands systèmes, digestif, nerveux, circulatoire. Il y a sans doute eu des réaménagements : le système nerveux est en position ventrale chez les hyponeuriens tandis qu’il est en position dorsale chez les épineuriens. Pourtant, fait remarquable, dans chacun de ces embranchements, les structures sont comparables pour servir les mêmes fonctions. En outre, comme le signale encore Grassé, aucune mutation n’a fait sortir l’animal du groupe auquel il appartient : les mollusques sont restés des mollusques, les vertébrés des vertébrés. Ce n’est pas verser dans le mysticisme ou le romantisme que de constater ces faits.

2- Dans L’évolution créatrice Bergson fait une critique du gradualisme darwinien que je n’ai jamais vue réfuter. L’œil de céphalopodes, qui sont des mollusques supérieurs, ressemble considérablement à celui des vertébrés ; dans l’un et l’autre cas, la rétine, la cornée, le cristallin présentent des similitudes frappantes ; or les mollusques et les vertébrés se sont séparés de leur tronc commun bien longtemps avant l’apparition d’un œil aussi complexe ; Bergson écrit : Comment supposer que des causes accidentelles, se présentant dans un ordre accidentel, aient abouti plusieurs fois au même résultat, les causes étant infiniment nombreuses et l’effet infiniment compliqué (op. cit.PUF p. 57) ?

3- L’Evolution n’est pas reconstituable mais elle nous a laissé une trace d’elle-même dans une métamorphose où tout hasard est écarté : celle du tétard en grenouille ; voici à ce sujet  ce que j’ai écrit ailleurs : A l’architecture générale du tétard qui est celle d’un poisson se substitue rapidement celle d’un vertébré terrestre : la grenouille. La thyroxine, hormone diffusée dans l’organisme par la circulation sanguine, joue un rôle fondamental dans cette métamorphose. Toutefois, pour qu’elle puisse le faire, il faut que les tissus qui répondront à son action aient acquis une certaine compétence pour réagir correctement. Tout cela ne se fait pas n’importe comment : l’organogenèse qui devait engendrer le poisson marque un temps d’arrêt ; les différentes parties du têtard ne répondent pas ensuite à l’influence de la thyroxine indépendamment les unes des autres : chacune a son seuil de réaction particulier à l’hormone ; normalement les parties  qui ont le seuil le plus bas se métamorphosent d’abord ; elles préparent la métamorphose de celles qui ont un seuil de réaction plus élevé. Toutes ces modifications se produisent selon un ordre rigoureusement déterminé  pour que le nouvel animal, la grenouille, soit viable. Ainsi, lorsque la respiration aérienne se substitue à la respiration aquatique, il faut que le poumon soit déjà fonctionnel au moment où les branchies se cytolisent. Pour que le poumon prenne la relève, il faut que l’appareil circulatoire soit remanié à temps, et ainsi de suite. Tous ces remaniements supposent une précision horaire extrêmement minutieuse.

            J’avoue que parfois les bras m’en sont tombés en lisant sous la plume d’E. Mayr que la nature bricole et que tout semble aller de soi, qu’avec un œsophage elle est capable de faire un poumon…

            J’arrête ici l’énumération de ma critique par manque de temps pour passer à l’exposé d’une théorie de remplacement présentée par le Professeur Rosine Chandebois dans Pour en finir avec le darwinisme. Une nouvelle logique du vivant.

            Au risque de scandaliser, je dis à nouveau que ma thèse sur l’Evolution est une thèse néo-bergsonienne en ce sens qu’elle fait de la durée, comme incubation du temps dans les processus biologiques, le moteur de l’Evolution. Soit dit en passant, j’ai été heureux de trouver sous la plume de Stanislas Dehaene, l’auteur de Les neurones de la lecture (Odile Jacob - août 2007), l’un des plus grands neurobiologistes contemporains, la phrase suivante,  lors de l’identification avec précision et rapidité par un lecteur des mots écrits sur un support quelconque : Pourtant ni l’hypothèse d’un créateur intelligent – je vais revenir sur ce point – ni celle d’une évolution par sélection naturelle ne paraissent l’expliquer. Le temps a tout simplement manqué pour que l’Evolution conçoive des circuits spécialisés pour la lecture (c’est moi qui souligne) (p. 25). Autrement dit l’Evolution a eu le temps suffisant pour monter dans le cerveau humain des aires de langage, mais pas assez pour monter des aires de lecture.

            Je me refère maintenant à Rosine Chandebois ; elle écrit ceci : Les événements les plus saillants qui ont marqué l’histoire du vivant ont chacun représenté l’instauration d’un nouveau mécanisme évolutif rendu possible par les progrès précédemment réalisés – c’est moi qui souligne – ce qui prouve l’intervention de facteurs internes. Derrière ces mécanismes, il n’est pas difficile de reconnaître un seul et même principe, la division du travail. C’est le principe de ce flux évolutif que nous appellerons l’évolution directionnelle (op. cit° p. 94).

            Tournons-nous un instant vers l’organogenèse ; celle-ci procède par dichotomies successives. A la place d’un territoire donné de l’embryon, constitué par une population de cellules ayant une même identité tissulaire, on retrouve à un stade ultérieur deux ou plusieurs populations dont les activités spécifiques sont différentes. C’est ce même principe, celui de la division du travail, qui a dû jouer au cours de l’Evolution et qui a permis d’aller toujours plus loin, de progresser dans l’édification d’architectures animales plus complexes, plus savantes.

            L’idée que je viens d’émettre est que l’instauration d’un nouveau type d’animal n’est rendu possible que par les progrès précédemment réalisés. Je vais donner quelques exemples.

            La cellule eucaryote est une innovation par rapport à la cellule procaryote (les bactéries) ; celle-ci est dépourvue de noyau et ne contient qu’une seule boucle d’A.D.N. baignant librement dans le cytoplasme. Elle ne possède ni mitochondries, ni chloroblastes. Par contre les eucaryotes sont des cellules complexes posssédant un noyau bien délimité, par une membrane, du cytoplasme ; celui-ci possède un système complexe de cloisons membranaires délimitant des organites dont chacun a sa fonction propre. Toutes les cellules des organismes pluricellulaires sont des eucaryotes. C’est grâce à cette innovation que les premiers organismes multicellulaires, les didermiques, ont pu voir le jour.

            Les tridermiques n’ont pu apparaître d’emblée à partir des cellules eucaryotes ; il leur a fallu un relais. Celui-ci leur a été offert à partir des didermiques ; c’est sur leurs deux feuillets embryonnaires -l’endoderme et l’ectoderme- qu’a pu se greffer le mésoderme : la naissance du coelome n’est donc pas le fruit d’un pur hasard.

            Evitons de tomber dans l’erreur de W. Paley, l’archidiacre anglican, connu encore de nos jours en raison de sa mauvaise controverse avec Darwin. Son erreur fut d’anthropomorphiser Dieu. Dieu ne se présente pas comme un grand architecte ou un grand horloger qui aurait prévu dans sa sagesse tous les agencements de l’univers. L’évolution a procédé en tâtonnant. Les archives paléontologiques nous en donnent des exemples en ce qui concerne l’évolution des reptiles en oiseaux. Plusieurs tentatives ont eu lieu en vue de la conquête du milieu aérien jusqu’à l’apparition de l’archeopterix, au jurassique supérieur ; il est déjà un véritable oiseau avec des plumes et, par sa morphologie et son organisation, il est capable d’effectuer des vols. Mais il en va de même en ce qui concerne la naissance des mammifères à partir de reptiles ; certains individus avaient acquis la compétence indispensable pour passer à l’étage supérieur ; d’autres, comme les thériodontes, n’ayant pas acquis la compétence requise,  sont demeurés dans un état mixte, à la fois reptiles et mammifères. Une conclusion s’impose : nous constatons dans l’Evolution une obstination à s’élever à des étages supérieurs de développement et d’organisation, et, d’autre part, un certain flou en ce qui concerne la marche à suivre. La science peut-elle apporter une explication à ce qui peut sembler comme un paradoxe ?

            C’est à la fin du XIXe siècle qu’Auguste Weissmann (1834-1914) découvre l’existence des cellules germinales.  Il tente de démontrer que celles-ci – ovules pour les femelles et spermatozoïdes pour les mâles – se séparant très tôt, au tout début de l’embryogenèse, des autres cellules,  celles de la lignée somatique étaient incapables d’échanger avec elles. C’est de là qu’est née la notion de la non-transmissibilité des caractères acquis à la descendance. Tout cela est  parfaitement conforme à la génétique mendélienne.

            Depuis longtemps on savait  que l’environnement avait une action sur le soma, que des cancers peuvent être provoqués par une alimentation défectueuse. Mais il s’agit de bien davantage. Ce qui est posé, c’est l’énigme des vrais jumeaux, les jumeaux monozygotes issus de la scission en deux d’un seul œuf. Un numéro spécial hors série de Sciences  Avenir du début de l’année a été consacré à la question. Génétiquement identiques, les vrais jumeaux sont pourtant différents. Ces différences entre sujets ayant le même A.D.N. ne peuvent donc s’expliquer par la génétique mendélienne. A celle-ci, des auteurs tels que Michel Morange et Pascal Engel proposent de substituer ce qu’ils appellent l’épigénétique ou régulation de l’expression des gènes par des facteurs extérieurs, environnementaux. Quand on lit ces lignes, on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’écrit R. Chandebois dans Le gène et la forme sur la manipulation de l’A.D.N. par l’environnement extra-chromosomique (op. cit. p. 64). Je ne peux nier les différences puisque dans l’épigénétique telle qu’on la conçoit maintenant on reste encore centré sur l’A.D.N. tandis que, pour le Professeur Chandebois, l’information génétique n’a qu’un rôle auxiliaire, la personnalité d’une cellule devantbeaucoup moins à l’identité des gènes transcrits  dans l’instant qu’à son histoire (j’insiste sur cette opposition), cette histoire étant les conditions physico-chimiques imposées au cytoplasme par l’héritage de son ascendance et la qualité de son environnement (op. cit. p. 63).

            L’épigénétique tend aujourd’hui à se substituer à la génétique mendélienne, mais nous avons un si lourd passé que c’est comme à contre cœur que les plus audacieux généticiens de notre époque ont du mal à se débarrasser d’un paradigme dont on a fait longtemps usage. Les plus audacieux se demandent pourtant s’ils ne devront pas le faire. Je cite la conclusion du canadien Arturas Petronis, le théoricien de l’épigénétique, dans le numéro spécial de Sciences Avenir : L’autre voie consiste à mettre en cause le paradigme existant et à développer d’autres théories, de nouvelles approches expérimentales et de nouvelles techniques qui viendraient infirmer ou valider une nouvelle théorie.

            Ce que je reproche à l’épigénétique, c’est d’être trop frileuse. Depuis un certain temps déjà les neurosciences renvoient à l’épigenèse. Ouvrons le livre de J.P. Changeux : L’homme neuronal : chapitre VI : le pouvoir des gènes ; chapitre VII : L’épigenèse . si je ne me trompe, le cerveau humain compte cent millions de neurones. Mais chaque neurone est en contact avec ses voisins par un système de synapses extrêmement complexe ; ces contacts synaptiques sont aussi particulièrement nombreux ; Stanislas Dehaene parle de millions de milliards de connexions synaptiques du cerveau de l’homme (op. cit. p. 17). Il s’avère dès lors impossible que trente mille gènes codent pour toutes ces interconnexions. J.P. Changeux parle alors d’épigenèse. La question que je me pose est la suivante : pourquoi introduire l’épigenèse simplement à ce moment-là ? Les sciences de la cognition ne cessent de faire d’immenses progrès depuis vingt ans. Elles insistent sur le fait que notre cerveau fonctionne à partir de cartes cérébrales qui interagissent entre elles ; je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement  avec ces populations de cellules ayant la même identité cellulaire – une sorte de carte – qui, aux yeux du Professeur Chandebois, entrent en interaction pour construire l’animal dès le début de l’organogenèse (comment les cellules construisent l’animal). Une unité de fonctionnement dans l’organisme me semble plus crédible, plus réaliste qu’une coupure ontologique introduite au niveau cérébral. Cela revient à dire que ce sont les cellules ou les ensembles de cellules qui construisent l’animal en s’entraidant, je le répète. Le propos qui suit en est un exemple.

            J’ajoute que ces interactions ne se limitent pas aux cellules somatiques entre elles, aux yeux du Professeur Chandebois. La stabilité d’une espèce exige sans doute que d’une génération à l’autre les ovules présentent les mêmes propriétés. Cela ne signifie pourtant pas, comme le prétendait Weissmann, que les cellules sexuelles ne puissent enregistrer des informations provenant de cellules somatiques, comme celles de l’ovaire, ainsi que d’autres informations provenant d’hormones sexuelles ; à la génération suivante ces modifications de la lignée ovulaire – si légères soient-elles – se répercutent sur les cellules somatiques. En retour encore, à la génération d’après, ces nouvelles modifications du soma se font ressentir sur le germen. R. Chandebois compare ces allers et retours à une sorte de partie de ping-pong entre le germen et le soma. On peut supposer ainsi qu’à chaque génération les organismes maternels donnent à leurs œufs un autre fonds agissant à nouveau sur le phénotype, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre s’installe brusquement, autrement dit que des œufs d’une nouvelle espèce fasse leur apparition dans une lignée évolutive. Disons qu’il ne s’agit là encore que d’une hypothèse, mais qui est fondée sur des faits d’observation et expérimentaux. Elle a aussi l’avantage de concilier le gradualisme et le saltationnisme. Pour l’orthodoxie darwinienne c’est graduellement qu’a procédé l’Evolution, mais tandis que pour E. Mayr c’est à partir des formes adultes que les singes évoluent graduellement vers l’homme et la station verticale ; pour R. Chandebois c’est par contre la lignée ovulaire – et non, comme pour Dawkins, les gènes –  qui est le théâtre de ces évolutions insensibles. Gould, néo-darwinien, jugé parfois hérétique en raison de son opposition au gradualisme, pense que l’Evolution s’est produite par une série de bonds successifs. Sa théorie s’intitule La théorie des équilibres ponctués ; pour Gould donc, l’Evolution est caractérisée par de longues périodes de stabilité des espèces, interrompues par des phases de remplacement brutal. Il y a aussi du saltationnisme dans l’hypothèse de Chandebois, mais, tandis que pour Gould les sauts sont dus à des transformations génétiques, les mécanismes évolutifs prônés par Chandebois sont essentiellement cellulaires, même si le moléculaire n’en est pas absent, comme je vais le montrer. Vous pouvez sans doute commencer à le constater : il n’y a aucun mysticisme, aucun romantisme dans toute cette conception ; nous sommes dans l’ordre du déterminisme des causalités matérielles.

            Je reviens maintenant au livre de F. Jacob : Le jeu des possibles. A la suite de certains anatomistes et de certains paléontologistes, Jacob souligne l’importance de ce qu’il convient d’appeler le retardement du développement comme facteur d’évolution Il ajoute : Ce processus représente un des grands stratagèmes de l’Evolution (op. cit. pp. 85-86).  Il ajoute encore : Tout se passe comme si certains animaux pouvaient pour ainsi dire se débarrasser de la part terminale de leur vie puis reconstruire un nouveau cycle fondé sur les formes de la larve ou de l’embryon. Ce retardement permet à l’embryon d’exploiter certaines potentialités de l’Evolution que l’installation trop rapide d’une physiologie adulte n’aurait pas permises. R. Chandebois reprend le problème en se tournant vers les insectes supérieurs. Le papillon passe par plusieurs phases de transformation bien différentes : la larve ou chenille devient nymphe ou chrysalide, puis imago ou insecte adulte, papillon capable de se reproduire, et le cycle recommence. Cette « intercalation » dans le dévelopement d’une phase larvaire apparaît comme une solution originale dont les insectes possèdent l’exclusivité. Les vertébrés ont adopté une autre solution, au moins tout aussi originale ; des délais toujours plus longs pour l’éclosion exigent toujours plus de réserves pour nourrir  l’embryon. Ces réserves, ou vitellus, deviennent au-delà d’une certaine limite un véritable obstacle à la formation des plans de clivage de l’œuf, autrement dit de développement. Pour contourner cet obstacle, l’évolution va adapter un nouveau stratagème, elle va inventer le placenta pour les mammifères. Cette ingéniosité qui consiste à relier l’embryon à l’uterus maternel pendant la gestation, peut-elle être simplement considérée comme un bricolage de plus pour l’Evolution ?

            Il faut voir plus loin. Dans  le grand système des fins dont parlait Kant, tout ne se réduit pas à des mécanismes inventoriables par la science. L’Evolution ne s’est pas contentée d’inventer des plans d’organisation toujours plus savants en s’appuyant sur les précédents, mais en les dépassant – ce qui s’appelle, au sens fondamental du terme, la phylogenèse –. La vie, c’est du vivant, de l’existant, c’est à dire des êtres dotés d’une certaine individualité, d’une certaine singularité, d’une certaine subjectivité, d’un certain « moi ». Ce « je » vit dans un corps qui crée ses conditions d’existence par rapport au monde extérieur et le met en relation d’interactivité avec lui, ainsi qu’avec d’autres vivants, d’autres subjectivités. L’Evolution a monté des plans  pour rendre ces subjectivités de plus en plus indépendantes ; il est certain qu’en créant, avec le système mammélien, l’homeothermie (température intérieure constante du corps), elle a créé des êtres vivants plus autonomes vis à vis des conditions extérieures, spécialement climatiques. En même temps elle créait des êtres capables de rêver, et, pour certains, capables de jouer, comme le sont nos animaux domestiques, les chiens et les chats. L’imaginaire, en attendant le normatif, fait ainsi son entrée dans le règne animal. Tout cela nous conduit à des problèmes philosophiques ; est-ce le hasard, qui, au cours de l’Evolution, a suscité une montée constante du psychisme jusqu’à l’apparition de la responsabilité, et donc de la liberté, avec la naissance sur terre de cet animal étrange qu’est l’Homme ? L’évolution biologique a épuisé tous nos moyens, nous fait savoir P. P.  Grassé : La marge de manœuvre de l’évolution n’a cessé de s’amenuiser : à l’Ordovicien, la genèse des embranchements s’arrête, au Jurassique, celle des classes, au Paléocène- Eocène, celle des ordres (L’Evolution du vivant Albin Michel P. 124). A l’évolution biologique succède un nouveau type d’évolution, culturel cette fois, apparue spécialement en Mésopotamie avec l’invention de l’écriture il y a cinq mille ans. Cette machine à faire des Dieux, comme le disait Bergson en pensant à l’Evolution, ne semble ni scientifiquement, ni philosophiquement attribuable au hasard mais bien davantage à une intelligence supérieure créatrice, désireuse de se communiquer et de créer des êtres dotés de subjectivité , d’intelligence et de volonté.

            Je ne nie pas cependant la part immense qu’a joué le hasard dans l’Evolution ; je nie simplement qu’il en soit le moteur. Je voudrais me faire comprendre en reprenant le schéma que P. P. Grassé propose dans L’Evolution du vivant : L’image de la grande évolution n’est pas exactement celle d’un arbre, mais bien plutôt d’une tige assez brève qui, à chacun de ses nœuds, émet un verticille de rameaux latéraux et inégaux  (E.V. p. 131-132). Les nœuds les plus puissants correspondent aux classes : dans l’embranchement des vertébrés nous avons d’abord la classe des poissons, puis, successivement,  celle des batraciens, des reptiles, des oiseaux et enfin des mammifères. Il y a là une échelle ascendante sur le plan de l’organisation des architectures animales ; c’est ce que R. Chandebois appelle l’évolution directionnelle. Mais sur les classes se greffent des déterminations secondaires, des ordres jusqu’aux espèces ; pensons aux différentes sortes de  pinsons découvertes par Darwin aux  îles Galápagos. R. Chandebois appelle l’ensemble de  ces variétés secondaires  l’évolution adventive ; elle se greffe sur l’évolution directionnelle ; et là, le hasard peut jouer un rôle. Aucune lignée de vertébrés  ne s’est dirigée vers le type mollusque et vice-versa ; aucun mammifère n’a rétrogradé  vers le type reptilien, mais, sur un plan  d’organisation commun acquis grâce à l’évolution directionnelle, l’évolution adventive a produit ses effets. On donne souvent, dans la classe des batraciens, l’exemple des Urodèles, comme les salamandres, qui conservent leur queue à la métamorphose, tandis que les Anoures, comme les grenouilles, en sont dépourvues. Des mutations ont été capables de produire des variantes dans des traits d’organisation communs sans toutefois pouvoir en effacer les traits essentiels. Pour chaque gène, de multiples allèles peuvent se combiner de plusieurs manières : une variété énorme de génotypes sont ainsi rendus possibles. Tout espèce présente donc un polymorphisme considérable, manifestation de la variété génotypique ; en altérant les modalités du développement, cette dernière change la constitution des organes, comme nous pouvons le constater à propos des salamandres et des grenouilles. Toutes ces variations dûes à des mutations  ne rendent pas caduque cette célèbre affirmation de Grassé : Elle (l’Evolution) poursuit inlassablement sa marche que ni un Alexandre ni un Napoléon ne feraient changer de direction. De son côté, R. Chandebois écrit : la variation génotypique n’a pas été le moteur de l’évolution, comme le pensent les darwinistes : elle en a seulement déterminé le buissonnement (Pour en finir avec le darwinisme. Une nouvelle logique du vivant p. 234). On peut souligner à partir de là à quel point l’Evolution a été capable d’exploiter toute la richesse potentielle apparue dans de simples cellules libres (les procaryotes) au cours de trois milliards et demi d’années, comme, aujourd’hui encore, la vie est capable, à partir d’une minuscule cellule-œuf, de construire en neuf mois un être humain qui deviendra peut-être un génie, ou en tout cas un homme ou une femme, ce qui est en soi une création qui suscite l’émerveillement. 

            Je termine par une réflexion que je ne voudrais pas trop pessimiste mais que je veux signaler ; en s’institutionnalisant, la science a perdu quelque chose de sa liberté ; elle n’est plus seulement un savoir mais aussi un pouvoir. En relisant parfois des lettres de Descartes avec ses correspondants, Mersenne, Gassendi ou d’autres, il m’est arrivé de regretter cette époque où la liberté d’opinion pouvait se donner libre cours  sans être taxée péjorativement par l’un des partenaires  à l’égard de l’autre. Je vais encore reproduire ce que j’ai écrit ailleurs dans la postface de L’embryon cet inconnu (L’Age d’Homme), du Professeur Rosine Chandebois :Dans « la structure des révolutions scientifiques » Thomas Kuhn a bien démontré que l’adhésion des chercheurs à un paradigme n’était pas seulement scientifique, qu’elle recouvrait toutes sortes d’éléments qui tenaient à la sociologie de l’époque, aux rapports des chercheurs entre eux, aux institutions qu’ils fréquentaient, à l’esprit des revues dans lesquelles ils écrivent, à la composition des jurys qui évaluent leurs travaux, à la recherche de l’avancement et des crédits à obtenir. J’ajoute : sans un supplément d’âme, un paradigme peut vite devenir un dogme.

            De tout temps, les savants ont été des éclaireurs pour l’humanité ; plus que jamais aujourd’hui leur responsabilité est énorme. quelle que soit leur philosophie pratique, de quelque bord idéologique qu’ils soient, l’impératif catégorique que Soljénitsyne adresse dans ses Mémoires aux politiques et aux faiseurs d’opinion leur est aussi adressé : Ne pas mentir. C’est certainement beaucoup plus difficile  et courageux qu’il n’y paraît ; facile à dire ; difficile à faire. Juste avant la Seconde Guerre Mondiale, Bergson écrivait déjà : L’humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu’elle a faits… A elle de voir si elle veut continuer à vivre. A elle de se demander ensuite si elle veut vivre seulement, ou fournir en outre l’effort nécessaire pour que s’accomplisse, jusque sur notre planète réfractaire, la fonction essentielle de l’univers qui est, je le redis, «  une machine à faire des dieux ».

 

M. L.

 

Livres cités dans cet article :

 

L’évolution créatrice. Bergson (PUF)

Le gène et la forme ou la démythification de l’A.D.N. Rosine Chandebois

(Espaces 34)

Pour en finir avec le darwinisme. Une nouvelle logique du vivant.

 Rosine Chandebois (Espaces 34)

comment les cellules construisent l’animal. R. Chandebois (Phénix)

L’embryon cet inconnu. R. Chandebois (L’Age d’Homme),

L’homme neuronal . J.P. Changeux (Fayard)

A la recherche du réel. Bernard d’Espagnat (Gauthier-Villars)

Le siècle du gène. Evelyn Fox Keller (NRF - Gallimard)

La vie est belle. S. J. Gould (Le Seuil)

L’évolution du vivant. P.P. Grassé (Albin Michel)

Regard sur la biologie contemporaine. François Gros (Folio)

Mémoires scientifiques. Un demi-siècle de biologie. François Gros (O. Jacob)

Le jeu des possibles. François Jacob (Fayard)

La structure des révolutions scientifiques.  Thomas Kuhn (Flammarion)

L’homme nu. Lévi-Strauss (Mythologiques. Plon)

Le visible et l’invisible. Merleau-Ponty (NRF - Gallimard)

Le hasard et la nécessité. J. Monod (Points sciences)

Les neurones de la lecture. Stanislas Dehaene (O. Jacob)

 

Revue : Sciences Avenir

PLAN de l’article

 

1) p. 1 - Le hasard, la nécessité, les ratés de la nécessité . Monod, Darwin et Mendel

2) p. 2 - 40 ans plus tard, le déterminisme

3) p. 3 - Dans les sciences de la vie, L’empirisme philosophique face à l’auto-organisation dynamique de la matière

4) p. 4 - ma thèse néo-bergsonienne : l’importance de la durée dans les processus biologiques.

5) p. 5 - Face à la génétique, l’embryologie oubliée : les rôles respectifs des cellules (Le Gène et la Forme) et des gènes.

6) p. 6 - Pour ces deux approches, entrons dans le détail de l’origine de la vie

7) pp.8 et 9 - « De la nécessité repassons au hasard »

  • muter n’est pas évoluer
  • des structures comparables au service des mêmes fonctions :

nombreuses mutations ; petites évolutions.

  • l’œil des céphalopodes voisin de celui des vertébrés
  • du poison (tétard) au batracien (grenouille)
    • un ordre rigoureux dans la métamorphose
    • du bricolage ?

8) p. 10 - La durée, moteur de l’Evolution

  • L’Evolution directionnelle : les progrès engendrent les progrès
  • Les différentes populations cellulaires se sont divisées le travail,

ce qui a permis le progrès

·        ex : des procaryotes aux eucaryotes

·        des didermiques aux tridermiques

9) p. 12 - Dieu, le grand architecte ? La nature, malgré la permanence du progrès, avance en tâtonnant, fait des ratés.

10) p. 13 - Un progrès certain, mais du flou dans l’avancée

·        Les cellules germinales et les autres

·        Les vrais jumeaux et l’épigénétique

·        La cellule dépend de son histoire plus que de l’identité des gènes transcrits.

11) p. 14 - L’épigénétique serait-elle frileuse ?

·        Les cellules construisent l’animal

·        La partie de ping pong de l’Evolution entre soma et germen

·        Comparaison des hypothèses scientifiques

12) p.16 - Le cycle de la vie

·        De la chenille au papillon, et on recommence

·        Le vitellus et le placenta : ingéniosité dans l’évolution du vivant

13) p. 18 - Ce « je » relationnel, qui vit dans un corps…homéothermie, jeu, rêve..

                        La part du hasard dans cette montée constante du psychisme…

                        L’invention de l’écriture…  

cette machine à faire des Dieux (Bergson), attribuable à une intelligence supérieure. Le hasard n’est pas le moteur de l’Evolution.

14) Pourtant… N’y aurait-il pas un plan d’Arhitecte ? (classes, ordres, eespèces..) oui pour l’Evolution directionnelle, non pour l’Evolution adventive… ?

15) La science-institution : savoir ou pouvoir ?

        

 Œuvres du Professeur Rosine CHANDEBOIS

 

(Coordonnées du Professeur R. Chandebois :  68 av des Chartreux - 13004 - Marseille,

T : 04 91 49 04 80)

 

- Le gène et la forme ou la démythification de l’A.D.N. (préface de René Thom) - 1989 -

éditions Espaces 34 (collection espace science) - B.P. 2080, 34025 Montpellier Cedex 1 - Fr.

  

On peut se le procurer en le commandant chez un libraire : le libraire doit le commander à « Tec et Doc Lavoisier » en sept. 07 il en reste 80 à 100 ex.

 

 

- Pour en finir avec le darwinisme - une nouvelle logique du vivant - 1993 -

(Préface de Marco Schützenberger, de l’Académie des Sciences).

Réédité en janvier 2011 aux éditions de L'Harmattan

 

www.pst.chez-alice.fr/theoevol.htm

 

-L’embryon - cet inconnu (suivi de « La réflexion d’un philosophe » par  Michel lefeuvre) - 2004 - Editions de l’Age d’Homme - www.agedhomme.com

 

-  Comment les cellules construisent l’animal - 1999 - Phénix éditions - Paris

(Se le procurer chez elle ; il lui en reste une centaine en sept. 2007). Description détaillée à la fin du site suivant : www.pst.chez-alice.fr/biblio.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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