11. La création de l’embryon. Théories. II

Publié le par Marinette

Le journal de Michel Lefeuvre (suite 11)

13 03 2016

Au sujet de la transcriptase inverse
C’est en se multipliant à partir de la fécondation de l’œuf que l’on peut dire que ce sont les cellules qui construisent l’animal, ce qui renvoie à une sorte de polycopié de Rosine Chandebois (éditions Phénix 1999, 87 pages), ainsi titré : Comment les cellules construisent l’animal.
Jusqu’à la découverte de la Transcriptase inverse, d’abord par Mirko Beljanski pour les virus, puis un peu plus tard par Temin pour les bactéries, aux Etats-Unis, on pensait communément que l’information nécessaire à ce développement était contenue dans l’ADN – l’acide désoxyribonucléique –. Cela paraissait si évident que J. Monod n’hésitait pas à affirmer que l’inverse était logiquement inconcevable. Il n’est pas sans importance de faire remarquer que l’ordinateur venait tout juste d’être mis au point par le génie de l’homme. Or c’est à ce rapprochement que fait barrage la découverte de la transcriptase inverse.
Le cheminement de l’information génétique – la Transcriptase –, selon les connaissances de l’époque, part du noyau de la cellule vers l’extérieur, vers le cytoplasme. L’information n’est considérée que comme unidirectionnelle. Or c’est à cette conviction que vient s’opposer la Transcriptase inverse.

Celle-ci est une enzyme qui, contrairement à la transcription d’un ADN en un ARN messager, transcrit au contraire de l’ARN à l’ADN, et modifie ainsi les messages des génomes, ce qui jusqu’alors semblait impossible.

Une telle conception, actuellement scientifiquement reconnue, a, entre autres conséquences, de ne plus pouvoir représenter le développement embryonnaire comme la simple exécution d’un programme génétique. Ne demandons pas au génome, qui produit des polypeptides dont l’embryon a besoin pour se nourrir et se développer, de donner plus qu’il ne le peut. Ce n’est pas le génome qui construit le vivant. La génétique ne peut su substituer à l’embryologie et celle-ci enseigne tout autre chose.

14 03 2016
La dérépression séquentielle des gènes
Cette théorie est de Jacques Monod
Revenons à la génétique. Elle n’a pas dit son dernier mot. La construction de l’embryon est, pour elle, essentiellement fondée sur ce que l’on appelle : la dérépression séquentielle des gènes. La formation des tissus des organes au cours de l’embryogenèse serait essentiellement causée par le relâchement programmé de ces contraintes. En fait les choses sont plus compliquées : l’information génétique – le produit des gènes –est accommodé, filtré, manipulé, par un processus d’un autre ordre, supérieur, qui l’utilise en vue de la construction progressive de l’individu appelé à naître.
Pour que cette hypothèse soit valable, il a fallu imaginer chez les gènes toute une hiérarchie : des gènes de base qui produisent les polypeptides ou protéines aux gènes programmeurs. A ce sujet on a fait des expériences sur la mouche du vinaigre, ou drosophile ; en effet certains organes prennent la place d’autres, comme une antenne à la place d’une patte. On a pensée alors à une erreur d’aiguillage. Aux gènes de base on a donc ajouté les gènes programmeurs. C’est là qu’à la dérépression séquentielle des gènes s’ajoute, pour la construction de l’embryon, la transcriptase inverse.
Mais le modèle des Insectes est-il applicable aux Vertébrés ?

Prenons l’exemple de la sirène, où seule la région du thorax a été épargnée. Elle ne possède pas d’anus : l’intestin se termine en cul de sac, la boite crânienne est extrêmement développée ; ce qui frappe également est la largeur des fosses nasale, et la position basse des oreilles. Cette anomalie humaine est appelée sirénomalie.

D’une façon générale disons que l’on a souvent accordé aux gènes un pouvoir colossal que manifestement ils ne possèdent pas.

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