XXI - Le sens des modes et des temps (suite 1)

Publié le par Marinette

Leçon 22


Le mode subjonctif  interprète l’action par la volonté ou le sentiment (ex. de verbes principaux : vouloir, souhaiter, craindre, douter, falloir…).

 


« Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,

Je ne consulte point pour suivre mon devoir… »

 

« Le Cid », acte III, scène 3, Pierre Corneille (1606 – 1684)

 

« Et que veux-tu que je lui dise encore ?

Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignore ?…

Mais que ne peut un fils ? Je respire, je sers.
J’ai fait plus : je me suis quelquefois consolée

Qu’ici plutôt qu’ailleurs, le sort m’eût exilée… »

 

« Andromaque », acte III, scène 6, Jean Racine (1639 – 1699)

 

- Il exprime une vérité incertaine, qui peut avoir des exceptions :

 

Il était rare qu’une question fût posée.

 

- « ne », s'il n'est pas explétif, accompagne les verbes de crainte ou d’empêchement :

 

« Mais crains que l’avenir détruisant le passé,

Il ne finisse ainsi qu’Auguste a commencé… »

« Britannicus », acte I, scène 1, Jean Racine

- Certains mots ou expressions régissent le subjonctif :

Il est le premier, le seul qui puisse l’atteindre.

 

Le mode conditionnel exprime l’éventualité de l’action, l’hypothèse, la condition.

« Julie

Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?


Le vieil Horace

                                                 Qu’il mourût,

Ou qu’un beau désespoir alors le secourût.

N’eût-il que d’un moment reculé sa défaite,

Rome eût été du moins un peu plus tard sujette ;

Il eût avec honneur laissé mes cheveux gris… »

« Horace » Acte III, scène 6, Pierre Corneille


Commentaire et Rappel : « eût reculé »,  « eût été » et « eût laissé » sont trois plus que parfaits du subjonctif, ou passés deuxième forme du conditionnel, régis par une hypothèse/souhait ; c’est le même temps. Ils succèdent à 3 imparfaits du subjonctif, régis par la volonté, le souhait.


Le futur dans le passé et le futur antérieur dans le passé : un cas particulier de la forme du conditionnel


Il affirme qu’il viendra dès qu’il aura terminé.  (un futur et un futur antérieur de l’indicatif)


Cette phrase devient, après un verbe principal au passé, ici l’imparfait de l’indicatif :


Il affirmait qu’il viendrait dès qu’il aurait terminé.

« viendrait » est un futur dans le passé.

« aurait terminé » est un futur antérieur dans le passé.


Le mode impératif  exprime l’ordre ou la défense


« Accablé des malheurs où le destin me range,

Je vais les déplorer : va, cours, vole et nous venge ! »


« Le Cid », Acte I, scène 6, Pierre Corneille


« Dans l’ombre de la nuit cache bien ton départ :

Si l’on te voit sortir mon honneur court hasard

La seule occasion qu’aura la médisance,

C’est de savoir qu’ici j’ai souffert ta présence :

Ne lui donne point lieu d’attaquer ma vertu. »


« Le Cid », Acte III, scène 4, Pierre Corneille

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Publié dans Cours de Grammaire

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